LES FILETS DE LA DANSEUSE

CONSTANTIN COUDOYANNIS, LE COMTE COSTA DE SMYRNOS OPÈRE DANS LE MONDE

DES ARTISTES

C’est au Fouquet’s, aux Champs-Elysées, que le Grec Constantin

Coudoyannis rencontra une belle danseuse--il ne s’agit pas de

Mata-Hari--que, pour ne pas donner son vrai prénom, nous baptiserons

Yvonne. Il l’avait connue quand elle dansait à Sinaïa, en Roumanie, et

il se présenta lui-même comme artiste dramatique.

Entre artistes, on fait plus vite connaissance. D’ailleurs, il n’était

pas modeste:

--Je suis très connu au théâtre d’Athènes, disait-il, et même populaire

dans toute la Grèce. Je suis un grand personnage. Pour ne pas vous le

cacher, je suis le comte Costa de Smyrnos...

Il y avait de quoi éblouir une danseuse sans engagement. Mais Yvonne

n’était pas exactement une demi-mondaine et était douée--elle doit

l’être encore--d’une intelligence supérieure. Voici le portrait qu’elle

a tracé de sa rencontre:

«Pas beau, les traits tirés, noyés même comme par un secret chagrin, les

cheveux d’un noir d’encre, la moustache taillée à l’américaine, l’œil

brillant sous un monocle immuable, assez élégamment vêtu, les mains

soignées, il donnait l’impression d’un homme qui a beaucoup voyagé,

beaucoup vu et pas mal retenu...»

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 54 / 134 题