UNE CÉRÉMONIE ÉMOUVANTE

Francillard était à Saint-Lazare dans la fameuse cellule 12 qui reçut

Mme Steinheil, Mme Caillaux, Mata-Hari, et autres dames de grande

marque. Sa vie de prisonnière était exemplaire. Très pieuse, elle

écoutait docilement les sœurs de charité. Au fond, elle était

profondément insouciante.

Le 10 janvier 1917 fut son dernier jour ou plutôt sa dernière nuit, car,

réveillée à 4 h. 30, elle était morte à 6 heures.

Elle avait voulu entendre la messe. Je n’oublierai jamais cette

cérémonie qui eut lieu dans l’antique chapelle de la crypte.

Sous la voûte sombre, aux arcades centenaires, l’autel resplendissait de

lumières. Le prêtre officiait solennellement dans un silence

impressionnant. La mort planait. Sur les dalles, trente religieuses

étaient prosternées, le front contre la pierre, pendant que l’éclat des

cierges projetait des reflets changeants sur leurs robes bleues et leurs

cornettes blanches.

Marguerite Francillard était assise entre deux sœurs, ses jolis

cheveux, d’un blond fauve, dénoués dans le dos. J’étais derrière elle.

Elle pria quelques secondes, puis redevint indifférente, regardant un

peu partout, se retournant même, très peu impressionnée par la majesté

du lieu.

Tous ceux qui ont assisté à cette scène, admirable dans sa simplicité,

en ont conservé un souvenir ineffaçable de beauté douloureuse et de

grandeur religieuse.

--_Ite, missa est_, dit le prêtre.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 49 / 134 题