Mata ne recevait d’autre visite que celle de son avocat; toujours
empressé, il lui apportait des fleurs et des friandises. Il la consolait
de son mieux et s’efforçait de lui donner confiance.
Le jour où l’avocat ne venait pas, Mata avait le cafard. Alors
la petite sœur Marie la réconfortait à son tour. La veille de
l’exécution--était-ce un pressentiment?--Mata paraissait très abattue.
--Il faut vous secouer! Dansez donc un peu! lui dit petite sœur Marie.
Vous allez oublier votre art. Et puis, il convient que nous connaissions
votre talent...
Et Mata-Hari dansa, puis se remit à espérer et à sourire. Evidemment
elle n’était pas faite pour la prison--ni pour le célibat. Elle était
débordante de vitalité. Elle avait fait venir le directeur de la prison
et lui avait dit:
--Je dois prendre un bain tous les jours. Mon métier et mon tempérament
l’exigent[C].
Et on lui donna son bain--et son pain--quotidien.
[Illustration: Mata-Hari à Paris, 1914]