3ᵉ CONSEIL DE GUERRE

Le Commissaire du Gouvernement près le 3ᵉ Conseil de guerre de

Paris,

A Monsieur le commandant Emile Massard, Gouvernement Militaire de

Paris, Hôtel des Invalides.

J’ai l’honneur de vous confirmer ma communication téléphonique de ce

jour:

L’exécution de la condamnée Zelle, dite «Mata-Hari», aura lieu demain

matin, 15 octobre 1917, au Polygone de Vincennes, à 6 heures 15.

Une voiture sera rendue chez M. le capitaine Bouchardon, boulevard

Pereire, à 4 heures.

Une seconde, chez M. le capitaine Thibaut, place de Vaugirard, à 4

heures 30.

La voiture de la condamnée, à la prison de Saint-Lazare, à 5 heures.

Il y aura lieu également de prendre M. l’avocat-général Wattinne, à 4

heures 30, rue Ampère.

_Capitaine Bouchardon._

Recevoir l’ordre de faire exécuter un homme, ou une femme, cause

toujours une impression désagréable.

L’ordre concernant Mata-Hari ne m’émut pas outre mesure. En effet

j’avais assisté aux deux audiences secrètes du tribunal militaire et je

savais pourquoi et comment la célèbre danseuse avait été condamnée.

Le troisième conseil de guerre était présidé par le distingué colonel

Semprou, l’ancien chef de la garde républicaine, et siégeait dans la

salle de la cour d’assises. Le huis clos était absolu. Personne

absolument n’avait pu pénétrer dans la salle et j’étais le seul officier

autorisé à assister aux débats.

Les sentinelles ne laissaient pas approcher des portes à moins de dix

mètres, et aucun bruit du dehors, aucune influence non plus, ne venait

troubler le calme et la majesté de cette justice militaire, si

redoutable en apparence, mais si froide et impartiale au fond.

Avant de commencer, prévenons le lecteur que, si nous allons donner des

détails--les plus exacts--sur la pièce, comédie et drame, dans laquelle

Mata-Hari a joué en grande vedette, il nous sera impossible de tout

dire, parce qu’il y a encore des choses qui n’appartiennent pas au

public, et qu’il n’y a pas lieu de révéler les noms de certains

Français--de bons Français--qui ont été mêlés à la vie de la danseuse.

Comme je l’ai dit en tête de ce livre, la vérité n’en sera pas moins

dévoilée, et présentée toute nue--comme la danseuse aimait elle-même à

se montrer.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 20 / 134 题