Oh! disait Prométhée à Coclès, quittant la chambre mortuaire--tout cela
est horrible! La fin de Damoclès me bouleverse. Est-il vrai que ma
conférence soit cause de sa maladie?
--Je ne puis l’affirmer, dit le garçon, mais je sais tout au moins qu’il
fut très remué pour ce que vous disiez de votre aigle.
--De notre aigle, reprit Coclès.
--J’étais si convaincu, dit Prométhée.
--C’est pourquoi vous le convainquîtes... votre discours était très
vif...
--Je pensais qu’on n’écoutait pas... j’insistais... si j’avais su qu’il
écoutait...
--Qu’eussiez-vous dit?
--La même chose, balbutia Prométhée.
--Mais alors?
--Mais je ne le dirais plus à présent.
--N’êtes-vous donc plus convaincu?
--Damoclès l’était trop. J’ai d’autres idées sur mon aigle.
--Au fait, où donc est-il?
--N’ayez crainte, Coclès, j’ai l’œil sur lui.
--Adieu. Moi je prends le deuil, dit Coclès. Quand nous reverrons-nous?
--Mais... à l’enterrement, je suppose. J’y parlerai, dit Prométhée. J’y
dois réparer quelque chose. Et puis je vous invite après; j’offre le
repas mortuaire, et dans le restaurant précisément où nous avons pour la
première fois vu Damoclès.