[1: Voy. _l'Héritage de Pierre le Grand_. _Règne des femmes, gouvernement
des favoris_, par Waliszewski. In-8°, Plon, 1900.]
[2: _Le comte Paul Stroganov_, par le grand duc Nicolas Mikhaïlovitch de
Russie. 3 vol. In-8°, Paris, Imprimerie Nationale, 1905.]
[3: Ernest-Jean Bühren ou Biren, né en 1690. Sa famille, d'origine
westphalienne, mais établie en Courlande, y possédait depuis plusieurs
générations le domaine de Kalm-Zeem. Elle s'était créé des alliances
avec quelques-unes des plus importantes familles du duché, les
Lambsdorf, les Behr, les Turnouw.]
[4: Casanova de Seingalt, lors de son passage à Mittau, fut présenté au
duc de Courlande par le comte de Kaiserling. Il fait de lui le court
portrait suivant: «C'était un vieillard, assez courbé, à tête chauve. À
le considérer de près on reconnaissait qu'il avait dû être un fort bel
homme» (_Mémoires_, t. VI, p. 93, édit. Flammarion).]
[5: Anna Ivanovna, fille d'Ivan Alexiéiévitch, frère de Pierre le Grand;
elle était duchesse veuve de Courlande quand elle fut appelée au trône
de Russie (1730-1740).]
[6: Le 12 février 1718, Anne se trouvant encore comme duchesse de
Courlande à Annenhof, résidence voisine de Mittau, un petit événement
s'y était passé qui devait avoir une influence capitale sur les
destinées de la future impératrice et même sur celles de la Russie. Par
suite de la maladie du grand maître de cour, Pierre Mikhaïlovitch
Bestoujev, un employé de la chancellerie porta à la duchesse des papiers
à signer. Elle lui dit de revenir tous les jours. Un peu après elle en
faisait son secrétaire, puis son gentilhomme de la chambre. Il
s'appelait Ernest-Jean Bühren (Waliszewski, l'_Héritage de Pierre le
Grand_, in-8°, Paris, 1900, pp. 173 et 179). En 1725 il accompagna la
duchesse à Moscou pour le couronnement de Catherine Ire et lorsque Anne
fut impératrice, à son tour le favori fut tout-puissant. En 1737, il fut
élu duc de Courlande par la diète courlandaise. Le diplôme de l'élection
est daté du 2/14 juin de cette même année; il fut ratifié le 13 juillet
suivant par le roi de Pologne Auguste III. (Kruse, _Kurland unter den
Herzogen_, 2 vol. in-8°, Mittau, t. II, p. 2.)]
[7: En 1723, il épousa Benigna von Trotta-Treydem.]
[8: Avant de mourir (octobre 1740), la tsarine Anna Ivanovna institua,
par testament, Biren régent de l'Empire. L'héritier du trône était un
enfant au berceau, l'empereur bébé Ivan VI, fils d'Anna Leopoldovna et
d'Antoine de Brunsvick-Bevern. Cette régence fut de très courte durée.
Le général Münich, jaloux de la domination de Biren et de complicité
avec les parents du jeune empereur, fut l'instrument de sa chute. Le duc
de Courlande fut condamné à mort le 8 avril 1741, reconnu coupable,
entre autres crimes, d'avoir attenté à la vie de la défunte impératrice
en la faisant monter à cheval par de mauvais temps. Il devait être
écartelé si un manifeste du 14 avril suivant ne fût venu convertir cette
peine en un exil perpétuel.]
[9: L'exil du duc de Courlande dura vingt-deux ans, puisqu'il se
prolongea jusqu'à l'avènement de Pierre III (janvier 1762). Il fut
envoyé à Pélim.]
[10: Bühren devient Biren en russe. Ce dernier nom déformé est devenu
Biron, orthographe généralement adoptée.]
[11: On a publié dans le _Recueil de la Société impériale d'histoire
russe_ (Sbornik, t. XXXIII) des fragments de la correspondance du duc de
Courlande avec le comte Kaiserling, où il se montre sous l'aspect d'un
homme mélancolique et désabusé.]
[12: À la mort de Pierre II, dernier rejeton de la ligne mâle de Pierre
le Grand, la maison de Romanov n'était plus représentée que par des
femmes. Depuis l'oukase de 1721 il n'y avait plus de droit successoral
et la couronne restait entre les mains du _Conseil suprême_, qui
détenait effectivement le pouvoir. Il en disposa en faveur de la fille
d'Ivan, Anne de Courlande, en essayant toutefois de lui imposer une
constitution oligarchique. Ce choix fut ratifié par une assemblée
générale de dignitaires, car l'élue était populaire à Moscou et à
Pétersbourg; mais les conditions qui limitaient l'autorité de la
nouvelle souveraine ne furent pas acceptées. Le parti absolutiste
l'emporta; l'impératrice Anne fit son entrée dans Moscou en grand
appareil militaire et fut proclamée souveraine autocrate.]
[13: En exil, la duchesse de Courlande et ses filles dessinaient et
faisaient des ouvrages délicats de femme. Elles brodèrent des étoffes
avec des dessins représentant des indigènes de la Sibérie et leurs
industries rustiques. Une des pièces du palais de Mittau en est encore
tendue, Benigna composa à la même époque, en allemand, un recueil de
poésies religieuses, qui a été imprimé à Mittau en 1773, sous le titre:
_Eine grosse Kreuzträgerin_. Sa correspondance est conservée aux
archives de Moscou. (Waliszewski, p. 177.)]
[14: Dans le gouvernement de Tobolsk, à trois mille verstes de
Saint-Pétersbourg. Ce n'est plus aujourd'hui qu'une bourgade peuplée
d'une centaine d'habitants. La ville de Pélim fut fondée en 1592 et
destinée par Boris Godounov à servir de lieu de déportation. Deux
Romanov, ancêtres de la dynastie régnante, le duc de Courlande, le
général Münich comptent parmi ses hôtes les plus illustres. «Le monde
environnant était un marécage, glacé en hiver et en été producteur d'une
quantité d'insectes telle que l'air devenait irrespirable et qu'il
fallait garder le visage couvert. Trois mois d'été et de soleil, puis le
froid et la nuit. Les provisions venaient de Tobolsk.» (Waliszewski, _la
Dernière des Romanov, Élisabeth Ire_, p. 17, in-8°, Paris, 1902.)]
[15: En Allemagne, il y a une catégorie de personnes qu'on tient pour
être particulièrement douées de ce don de seconde vue; ce sont celles
qui naissant vers le milieu de la nuit. On les appelle
_Mitternachtskinder_, enfants de minuit. Madame d'Agoult (Daniel Stern),
qui était par sa mère d'origine allemande et qui naquit à
Francfort-sur-le-Main vers le milieu de la nuit du 30 au 31 décembre
1805, s'est fait l'écho de cette superstition (_Mes Souvenirs_,
1806-1833, 3° édit., 1880, p. 21).]
[16: Le maréchal de Münich n'avait arrêté le duc de Courlande que pour
s'élever sur les ruines des Biren, au faîte de la fortune. Toujours
guidé par les mêmes vues qu'il avait eues lorsqu'il engagea le duc à se
faire nommer régent, il voulait s'emparer de toute l'autorité et ne
donner à la grande-duchesse que le titre de régente. Il s'imaginait que
personne n'oserait rien entreprendre contre lui: il se trompa.»
(_Mémoires historiques, politiques et militaires sur la Russie_, par le
général Manstein; nouvelle édition, Lyon, 1772, t. II, p. 111) Le 25
novembre 1741, juste un an après la chute de Biren, Münich fut arrêté
par ordre d'Élisabeth et condamné à l'écartèlement. Gracié sur
l'échafaud, il fut exilé en Sibérie, à Pélim, et emprisonné dans la
maison même qu'il avait fait construire pour le duc de Courlande. Cette
maison se composait de quatre chambres et était entourée d'une haute
palissade. L'oukase qui exilait Münich rappelait Biren. On raconte que
les deux adversaires se croiseront en route aux environs de Kasan et se
saluèrent sans échanger une parole (Waliszewski, Élisabeth Ire, p. 16).]
[17: L'avènement d'Élisabeth avait rendu quelque espoir au duc de
Courlande. Au commencement de 1742 il reçut, en effet, un courrier du
Sénat lui annonçant qu'il recouvrait la liberté et le domaine de
Wartemberg. Il quitta aussitôt Pélim et se disposait à gagner la
Courlande, quand il fut arrêté en route par un nouveau message qui lui
enjoignait de demeurer à Jaroslavl. L'ex-régent s'y établit dans une
habitation plus spacieuse avec un beau jardin sur les bords du Volga. On
lui envoya de Pétersbourg sa bibliothèque, ses meubles, sa vaisselle,
des chevaux même et des fusils, avec la permission de chasser à vingt
verstes à la ronde. Ses frères et Bismarck eurent la permission de le
rejoindre. Gustave Biren mourut peu après; Charles et Bismarck
paraissent avoir repris du service dans l'armée. En 1762, Biren fut
rappelé à la Cour par Pierre III, qui avait dû épouser sa fille Hedwige,
quand il était encore duc de Holstein. Il rendit à l'ancien favori une
partie de ses biens, mais lui fit savoir qu'il destinait la Courlande à
son oncle Georges-Louis de Holstein (Waliszewski, _l'Héritage de Pierre
le Grand_, p. 309).]
[18: Voir appendice I.]
[19: Petite voiture à quatre roues sans ressorts et en partie recouverte
d'une bâche; elle est en usage chez le paysan russe.]
[20: En janvier 1763. Le duché de Courlande était resté sans maître
jusqu'en 1758. À cette date, le prince Charles de Saxe, fils d'Auguste
III, fut élu sur la demande d'Élisabeth. Pierre III, en 1762, se
proposait de donner le duché à un membre de sa famille, quand arriva le
coup d'État qui fit passer le pouvoir aux mains de sa femme. Catherine
II ne voulait ni du prince de Saxe, ni du prince de Holstein. Elle
résolut de rétablir Biren, qui abdiqua en 1769 en faveur de son fils et
mourut en 1772. Il est enterré à Mittau.]
[21: Le duc Pierre naquit en 1724. À la mort de l'ex-régent, il hérita
de la Courlande, qu'il gouverna jusqu'en 1795, date à laquelle il
abdiqua à son tour. (Kruse, t. II, p. 177.)]
[22: Né en 1728, mort en 1801 à Koenigsberg. Le prince Charles a fait
souche de la ligne des princes actuels de Courlande.]
[23: Frédéric-Charles, duc de Holstein, qui avait épousé une des deux
filles de Pierre le Grand, avait, sous le règne d'Anna Ivanovna demandé
par lettre au duc de Courlande de lui prêter cent mille roubles, en
consentant à ce que la somme servit de dot à sa fille unique Hedwige,
dont il demandait en même temps la main pour son fils, le futur époux de
Catherine II et qui régna quelques mois sur la Russie sous le nom de
Pierre III. Mais Anna Ivanovna, prenant toujours en mauvaise part tout
ce qui venait de Holstein, s'était fâchée et avait défendu qu'on lui en
parlât. Devenu régent, le duc de Courlande renoua les négociations avec
la tante du jeune duc de Holstein, Élisabeth, qu'un coup de main devait
prochainement faire impératrice (1741-1762). Le mariage était à peu près
décidé, un prince de Saxe-Meiningen avait été éconduit, Biren allait
contracter alliance indirecte avec les Romanov, lorsqu'il fut emprisonné
et exilé. Avant la rentrée en grâce définitive de son père, Hedwige de
Courlande revint à la cour d'Élisabeth et c'est en 1753, à trente-trois
ans, qu'elle épousa un officier de la garde, le prince Alexandre
Tcherkassof. Elle mourut en 1787 (Waliszewski, pp. 303 et 310).]
[24: Le duc Pierre épousa en 1765 Caroline-Louise, princesse de Waldeck,
avec laquelle il divorça en 1772. En 1774, il épousa Eudoxie, princesse
Yousoupoff dont il se sépara en 1778; en 1779 Anne-Dorothée de Médem,
comtesse du Saint Empire (1761-1821) (Kruse, t. II, pp. 177-181).]
[25: Le duc, accompagné de sa femme et de sa fille aînée, partit pour
l'Italie le 6 août 1784. Il fit route par Dresde, Leipzig et Munich,
visita d'abord Vérone, Venise et Bologne. Il passa l'hiver à Naples,
vint à Rome pour les cérémonies de Pâques et retourna à Naples et à
Ischia passer le printemps de 1785. Il rentra ensuite à Berlin par
Florence et Turin. Les savants et les artistes firent fête aux
voyageurs. À Rome, le duc fit frapper une médaille pour commémorer le
dixième anniversaire de l'Académie qu'il avait fondée à Mittau. À
Bologne, il fonda un prix de mille ducats que l'Académie des sciences
devait décerner sous forme de médaille (Kruse, t. II, p. 185).]
[26: Les princesses Wilhelmine, Pauline, Jeanne et Dorothée. En 1790, le
duc avait perdu un fils âgé de trois ans et qui eût été le prince
héritier (Tiedge, _Anna Charlotte Dorothée, letzte Herzogin von
Kurland_, 1823, pp. 94 et 104).]
[27: Le duc Pierre mourut à Gellenau dans le comté de Glatz, en Silésie,
non loin de la frontière de Bohême, le 13 janvier 1800. Il fut inhumé à
Sagan.]
[28: Les monnaies qui ont été frappées sous son gouvernement sont des
_Sechser_, des _Duttchen_ ou _marks_, des _Ferdinge_ de billon, des
_Schilling_ et enfin des ducats au même titre que ceux de Hollande. En
fait de double ducat, il n'en existe qu'un exemplaire, peut-être une
épreuve; de même celui d'un _Tympf_ à trois _Sechser_, en billon, est
conservé comme une rareté. Le duc n'a fait frapper que deux médailles,
toutes deux en l'honneur de l'impératrice Catherine II (Kruse, t. II, p.
174).]
[29: Lors du dernier partage de la Pologne, en 1795, la Russie annexa la
Courlande. Le duc Pierre abdiqua moyennant une pension de vingt-cinq
mille ducats, un douaire pour sa femme, et un prix d'achat de deux
millions de roubles (Bilbassof, _la Réunion de la Courlande_, dans
_Antiquité russe_, janvier 1895), et dans _Kruse_, t. II, appendice:
«Acte de renonciation de Son Altesse le duc de Courlande et de
Semgallen, aux droits qui lui appartenaient comme duc régnant.»]
[30: Au château de Nachod.]
[31: Au château de Löbikau, en Saxe-Altenburg.]
[32: Sagan avait appartenu à Wallenstein. À sa mort (1634), le duché
devint la propriété des princes de Lobkowitz. Le prince Ferdinand de
Lobkowitz mourut en 1784, laissant un fils mineur. C'est aux tuteurs du
jeune prince que le duc Pierre de Courlande acheta Sagan en 1786, pour
un million de florins. Frédéric II était très désireux de voir le duc
s'établir en Allemagne et pour faciliter cette acquisition il changea le
fief masculin en fief féminin, parce que le duc de Courlande n'avait pas
d'héritier mâle. À la mort du duc, Sagan fut administré par la duchesse
de 1800 à 1805. La princesse Wilhelmine en hérita. À sa mort (1839) le
duché passa à la princesse Pauline; elle le céda en 1844 à la princesse
Dorothée, duchesse de Dino, qui prit alors le titre de duchesse de Sagan
(Leipelt, _Geschichte der Stadt und des Herzogthums Sagan_, 1 vol. in-8°
1853, p. 167 et passim).]
[33: Le Bober, affluent de l'Oder, sujet à des crues rapides.
L'inondation de 1804 est restée particulièrement fameuse; elle causa des
désastres considérables (Leipelt, 170).]
[34: Leipelt, pp. 176-177. Et _Katalog der gemälde und sculpturen im
herzoglichen Schlosse zü Sagan_ (1855).]
[35: Frédéric-Guillaume II mourut le 16 novembre 1797, laissant en effet
les finances en pleine détresse. La dette s'élevait à plus de 40
millions de thalers.]
[36: Leipelt, p. 168.]
[37: Les princesses de Courlande brillèrent d'un vif éclat aux fêtes et
réceptions du Congrès de Vienne où trois d'entre elles se trouvaient à
des titres divers. Le comte A. de la Garde-Chambonnas, hôte du prince de
Ligne pendant le Congrès, en parle dans ses _Souvenirs_, avec
enthousiasme: «La princesse de Courlande, cette belle duchesse de Sagan
(Wilhelmine), passionnée pour tout ce qui présente de l'héroïsme et de
la grandeur; son extrême beauté n'est que le moindre de ses agréments.
Sa soeur, la comtesse Edmond de Périgord (Dorothée), dont la démarche,
les gestes, l'attitude, le son de sa voix forme un ensemble qui offre je
ne sais quoi d'enchanteur. Elle a sur sa figure et dans toute sa
personne ce charme irrésistible sans lequel la beauté la plus parfaite
est sans pouvoir. C'est une fleur qui semble ignorer le parfum qu'elle
exhale. Enfin la dernière des trois grâces de Courlande (duchesse
d'Acerenza) qui réunit en elle tout ce que nous admirons dans les deux
autres (_Souvenirs du Congrès de Vienne_, publiés par le comte Fleury,
in-8°, 1901, p. 147).]
[38: La guerre de 1806 fut particulièrement ruineuse pour le duché de
Sagan. Pendant les guerres de l'Empire la ville fut plusieurs fois
pillée. La guerre de 1813 à 1815 coûta à la ville seule soixante-cinq
mille thalers (Leipelt, p. 173).]
[39: Louis-Ferdinand, prince de Prusse, neveu du Grand Frédéric, né en
1772, fut tué à Saalfeld dans un combat d'avant-garde (octobre 1806).
Héros très populaire en Allemagne, von der Goltz l'appelle un «météore
lumineux au ciel des astres militaires». Les Mémoires du temps sont
riches de renseignements à son sujet. Voir notamment: _Anekdoten und
Charakterzüge aus dem Leben des Prinzen Ludwig Ferdinand von Preussen_.
Le livre est: «Allen Deutschen Gevidmet», dédié à tous les
Allemands;--_Galerie von Bildnissen aus Rahels Umgang und Briefwechsel_,
t. I, p. 239-300;--_Matériaux pour servir à l'histoire des années 1803,
1806 et 1807, Paris, 1808_ (ouvrage attribué à Lombard, conseiller
intime de Frédéric-Guillaume III);--Arnim, _Vertraute Geschichte III_,
p. 282-291;--Madame de Staël, _Dix années d'exil_, édit. Paul Gautier,
Paris, 1904, passim;--Clausewitz, dans ses _Notes sur la Prusse dans sa
grande catastrophe de 1806_, fait du prince un portrait très pénétrant.
Voir appendice II.]
[40: Elle avait épousé le prince Antoine Radziwill (1775-1839).]
[41: Frédéric Guillaume III (1797-1840).]
[42: Le prince Henri de Prusse était frère du Grand Frédéric. Né en
1720, il mourut en 1802.]
[43: Sur l'attitude de la Prusse à l'égard de la France en 1806 et sur
l'état des esprits à Berlin après la signature du traité de Paris (25
février 1806), imposé à la Prusse par Napoléon, voir A. Lévy, _Napoléon
et la Paix_, 1 vol. in-8°, Paris, 1902.]
[44: Le roi Frédéric-Guillaume III.]
[45: Ministre des affaires étrangères du roi de Prusse de 1793 à 1804.
Il passa le portefeuille au baron de Hardenberg et fut, en 1805, choisi
par le roi pour porter à Napoléon la déclaration arrêtée avec la Russie
par la convention de Potsdam (3 novembre). On l'accusait d'être partisan
de la politique napoléonienne. «La politique de la Prusse, dit
Clausevitz, de la paix de Bâle à la catastrophe de 1806, porte le
caractère de la faiblesse, de la pusillanimité, de l'insouciance et
souvent d'une habileté peu digne, traits qui étaient bien à la hauteur
du caractère du comte Haugvitz. Le comte Haugvitz aurait été homme à se
livrer entièrement à la France et à faire de la Prusse une satrapie
française...» (_Notes sur la Prusse_, p. 49). Et cependant dans cette
même année 1806, Haugvitz disait au chevalier de Gentz: «S'il a jamais
existé une puissance que nous avons eu l'intention de tromper, c'est la
France...» (Comte de Sarden, _Histoire des traités de paix_, IX, 75-76.
Ms. du chevalier de Gentz). Sa mission commencée à Vienne n'étant pas
terminée, Haugvitz avait suivi l'empereur à Paris et c'est là qu'il
avait accepté le fameux traité. Le parti de la guerre à la tête duquel
se trouvaient la reine Louise et le prince Louis-Ferdinand le lui
reprochait violemment. Dans les jours d'effervescence qui précédèrent la
rupture des relations diplomatiques, les officiers prussiens s'en
allaient aiguiser leur sabre sur les marches de son escalier.]
[46: Sur le prince Louis-Ferdinand et Pauline Wiesel, _Briefe des
Prinzen L. F. von Preussen an Pauline Wiesel_, Leipzig, 1865.
Introduction de 50 pages. Le volume contient 12 lettres du prince à
Pauline et une lettre à Henriette Fromm; il contient en outre des
lettres de A. de Humboldt, de Rahel Varnhagen, de Gentz à Pauline Wiesel
et trois lettres de Pauline en français, datées de Saint-Germain-en-Laye
(4 août 1838 et 14 avril 1848), et de Paris (22 mars 1848); voir aussi
Gentz _Schriften_ édités par Schlesier, et Karl Hillebrand, Revue des
Deux Mondes, 1er mai 1870.
Le prince Louis eut deux enfants d'Henriette Fromm, un fils et une
fille, qui furent anoblis en 1810, sous le nom de Wildenbruch.]
[47: Le mariage de la princesse Wilhelmine eut lieu le 23 juin 1800,
celui de la princesse Pauline le 26 avril 1800. La princesse Jeanne ne
se maria que l'année suivante, le 18 mars 1801 (Leipelt, p. 170).]
[48: La reine Caroline, soeur de Marie-Antoinette.]
[49: Gustave III, assassiné en 1792 (mars), laissa un fils mineur qui
monta sur le trône sous le nom de Gustave-Adolphe IV. Une régence était
nécessaire; elle fut confiée au duc de Sudermanie. Lors de la révolution
de 1809, Gustave IV fut banni du royaume et le duc de Sudermanie élu roi
par la diète, sous le nom de Charles XIII.]
[50: Le baron d'Armfeld (1757-1814), favori du roi de Suède Gustave III,
qui le chargea de nombreuses négociations et missions politiques. Après
la mort de Gustave III, assassiné en 1792, il eut avec le duc de
Sudermanie d'inextricables démêlés, fut accusé du trahison, condamné à
mort par contumace. Pendant tout le temps que dura sa disgrâce il
séjourna en Allemagne et surtout à Berlin. Gustave-Adolphe IV, à son
avènement, lui rendit biens et dignités et le combla de faveurs.]
[51: Le prince Henri Lubomirski.]
[52: La Constitution du 3 mai 1791.]
[53: Voir Appendice III].
[54: Voir Appendice IV.]
[55: Né à Hambourg en 1747, il fut appelé à Berlin par Frédéric II et
nommé membre de l'Académie des sciences. Il mourut en 1826. La _loi de
Bode_ donne les distances des planètes au soleil.]
[56: Il aida la duchesse de Courlande à administrer Sagan de 1800 à
1805, c'est-à-dire depuis la mort du duc Pierre jusqu'au moment où la
princesse Wilhelmine prit en main l'administration du duché. C'est ce
même M. de Goeckingk qui présenta à la duchesse de Courlande Henriette
Herz, femme célèbre dans la société berlinoise de cette époque; poète à
ses heures, ses «Chansons de deux amoureux» eurent alors un certain
succès (Henriette Herz, _Ihr Leben und ihre Erinnerungen_, Berlin, 1850,
pp. 186 et 189).]
[57: Soeur du prince Louis-Ferdinand, mariée en 1798 au prince Antoine
Radziwill, duc d'Olyka et de Nieswiez. Elle mourut en 1836. Elle était
la marraine de la princesse Dorothée et c'est sous les auspices de ce
souvenir que fut conclu à Sagan, en 1857, le mariage de mademoiselle
Marie de Castellane, petite-fille et filleule de la duchesse de Sagan,
avec le petit-fils de la princesse Louise de Prusse, le prince Antoine
Radziwill.]
[58: Il régna plus tard sous le nom de Frédéric-Guillaume IV
(1840-1861).]
[59: Né en 1781, mort en 1846. Il était le troisième fils de
Frédéric-Guillaume II. En 1806 il commandait une brigade d'infanterie.
En 1845, il eut le major de Moltke comme aide de camp.]
[60: Le prince Auguste de Prusse était frère du prince Louis-Ferdinand.
Il fut fait prisonnier au combat de Prentzlow, le 6 octobre 1806, par le
vicomte de Reiset et conduit en France comme prisonnier d'État
(_Souvenirs du Vicomte de Reiset_, p. 226). Sur le séjour du prince
Auguste de Prusse au château de Coppet et sur son projet de mariage avec
madame Récamier en 1807, voir le livre très documenté de E. Herriot,
_Madame Récamier et ses amis_, Paris, in-8°, 1904, t. 1, pp. 171 et
suiv.]
[61: Il s'agit ici de Guillaume de Humboldt et non d'Alexandre, son
frère. Guillaume de Humboldt (1767-1835) représente au plus haut degré
le type de l'homme très cultivé (_hochgebildeter Mann_) qui, avec un
grand fonds d'instruction première, a su s'assimiler toutes les idées de
son temps. Il fonda l'Université de Berlin (1810) et fut ministre
plénipotentiaire de la Prusse au Congrès de Vienne. C'est là qu'il
reverra la princesse Dorothée de Courlande, devenue duchesse de Dino,
qui accompagna le prince Talleyrand, son oncle, au Congrès. L'Académie
royale de Berlin vient de publier une édition de ses oeuvres complètes
qui ne compte pas moins de 15 volumes in-8°. Si les écrits
philosophiques de Guillaume de Humboldt n'ont guère franchi les limites
du monde savant, ses écrits politiques (_Politische Denkschriften_, t.
X-XII, formant 4 vol. de l'édition citée) ont exercé une profonde
influence sur la formation de l'Allemagne contemporaine. Une oeuvre d'un
autre genre, mais célèbre en Allemagne, nous donne une idée de ce qu'il
devait être dans ses relations du monde. Ce sont ses _Briefe an eine
Freundin_ qui contiennent toute une philosophie du bonheur puisé dans le
parfait équilibre de l'âme. Les _Lettres à une amie_ sont adressées à
Charlotte Diede, personne d'une grande beauté, qu'il connut aux eaux de
Pyrmont au temps où il était étudiant, dont il fut très amoureux pendant
trois jours et à qui il écrivit régulièrement jusqu'à la fin de sa vie.
Et c'est en vain qu'on chercherait dans cette correspondance intime un
mot de nature à compromettre la mémoire d'un philosophe.]
[62: Jean-Pierre-Frédéric Ancillon (1767-1837) était issu d'une ancienne
famille de Metz, émigrée en Prusse après la révocation de l'Édit de
Nantes. Il avait fait un assez long séjour à Paris pour y achever ses
études. À Berlin, il exerçait les fonctions de pasteur; prédicateur très
éloquent, il était lié d'amitié avec les plus illustres de ses
contemporains. Plus tard, et quoique immigré, il devint président du
Conseil des ministres de Prusse (1831). Son _Tableau des révolutions du
système politique de l'Europe depuis la fin du XVe siècle_ (Berlin,
1803-1805), ouvrage aujourd'hui bien oublié, eut alors un grand succès
et le plaça au premier rang des historiens de son temps.]
[63: Sur la société de Berlin à cette époque, on peut consulter les
_Souvenirs_ de Henriette Herz et de Rahel Varnhagen, déjà cités; les
_Tagebücher_ de Varnhagen (14 vol., 1866-1870, Leipzig); Geiger; _Berlin
1688-1840_; _Geschichte des geistigen Lebens der preussischen
Hauptstad_, Berlin, 1895, t. II, pp. 186-206: _Gesellschaften und
Clubs_; K. Hillebrand, _la Société de Berlin_, de 1789 à 1815, _Revue
des Deux Mondes_, 1er mars 1870. Voici ce qu'il dit en particulier de la
maison de la duchesse de Courlande, d'après les Mémoires de Henriette
Herz: «La duchesse de Courlande... était une des premières grandes dames
chrétiennes de Berlin, qui réagit contre la séparation des classes, déjà
un peu effacée parmi les hommes et qui osa disputer aux riches Juives
(mesdames de Grotthuis et d'Eybenberg, filles du banquier Cohen, et
surtout Henriette Herz, la Récamier allemande, et Rahel Levin, mariée à
Varnhagen) le droit d'accueillir et de patronner le talent. Son exemple
fut bientôt suivi et l'aristocratie prussienne mit autant d'amour-propre
à se distinguer par l'esprit et par la culture de l'esprit que naguère
elle en avait mis à étudier la science héraldique. Le salon de madame de
Courlande réunissait toutes les classes de la société et les
distinctions religieuses y étaient entièrement inconnues. Juifs et
chrétiens, savants et grands seigneurs, grandes dames et comédiennes,
tout cela s'y rencontrait, s'y confondait, car la duchesse s'attachait à
placer ses hôtes à une douzaine de petites tables séparées où il fallait
bien que les grandes dames fissent bonne mine aux convives roturières
avec lesquelles l'habile maîtresse de maison savait les mêler. Cet
exemple fut contagieux et eut d'excellents résultats pour le
rapprochement des classes. C'est dans cette maison que se rencontrèrent
Rahel et le prince Louis-Ferdinand, madame de Staël et Auguste-Guillaume
de Schlegel, qui avait remplacé son frère à Berlin, la princesse de
Radziwill, soeur du prince Louis-Ferdinand, et Jean de Müller, le célèbre
historien, madame de Genlis et le comte de Tilly, ami de Mirabeau,
Genelli, le peintre, et Gualtieri, l'humoriste, Frédéric de Gentz, la
plus puissante plume de publiciste que l'Allemagne ait jamais eue, et
Guillaume de Humboldt, le diplomate philosophe; en un mot, tout ce que
Berlin comptait de distingué par l'esprit.--Il fallait, ajoute Henriette
Herz, l'indépendance, l'énergie, l'esprit et le tact de la duchesse pour
ne pas échouer dans une pareille entreprise... C'est dans la maison de
la duchesse de Courlande que madame de Staël fit choix d'un petit nombre
d'amis qui devinrent ensuite ses familiers à elle: _Erinnerungen_, cap.
xv (_Die Herzogin Dorothea von Kurland und ihr Haus_. pp. 186-195).]
[64: Devrient, dans son _Histoire de l'art dramatique en Allemagne_,
présente madame Unzelmann comme une actrice de génie, une femme du monde
accomplie, un modèle de grâce. (_Geschichte der deutschen
Schauspielkunst_, 3 vol. in-12, 1848, Leipzig, t. III, p. 275.)]
[65: Jean de Müller (1752-1809), Suisse d'origine, fut d'abord
conseiller aulique à Vienne; en 1804, il vint à Berlin en qualité
d'historiographe du roi de Prusse. En 1807, Napoléon le fit nommer, par
le roi Jérôme, ministre secrétaire d'État du royaume de Westphalie.
L'oeuvre principale de Jean de Müller est l'_Histoire de la Confédération
suisse_, qu'il laissa inachevée. Ses oeuvres complètes (40 vol.,
1831-1835) comprennent plus de 10 volumes de _Lettres_. C'est Jean de
Müller qui rédigea le mémoire fameux que le prince Louis-Ferdinand, les
frères du roi et un certain nombre de personnages politiques signèrent
et remirent au roi, le 2 septembre 1806, pour le déterminer à renvoyer
le ministre Haugvitz, les conseillers de cabinet Beyme et Lombard et à
se déclarer contre la France. (Ce mémoire est reproduit en entier dans
Pertz, _Das Leben der Ministers Freiherrn v. Stein._ 6 vol. Berlin,
1849-1855.)]
[66: Madame de Staël, qui l'avait vu jouer à Berlin, dit de lui: «Il est
impossible de porter plus loin l'originalité, la verve comique et l'art
de peindre les caractères, que ne le fait Iffland dans ses rôles. Je ne
crois pas que nous ayons jamais vu au Théâtre français un talent plus
varié ni plus inattendu que le sien.» (_De l'Allemagne_, 2e partie, chap.
XXVII). Iffland fut en outre un auteur dramatique fécond. L'édition
complète de ses oeuvres ne comprend pas moins de 24 volumes (édit. de
Vienne, 1843).]
[67: Iffland fut directeur du Théâtre de Berlin de 1796 à 1814; voir
Devrient: _Ifflands Direction des Berliner Nationaltheaters_, t. III,
pp. 274-310.]
[68: Le Théâtre-Royal continua ses représentations après l'entrée des
Français à Berlin, le 25 octobre. Le 23, on avait joué _les Organes du
cerveau_; le 24, _la Vente de la maison_ et _l'Amour et la Fidélité_, le
25, _Belmont et Constance_; le 26, on joua _Iphigénie en Tauride_, le
27, _l'Abbé de l'Épée_ et _Alexis_; le 28, _le Mariage secret_; le 29,
_Phèdre et le bon Coeur_.--Le public trouvant que Berlin manquait de
distractions, on demanda au gouverneur de rétablir l'Opéra-Italien, dont
les pensionnaires étaient subventionnés par l'État.]
[69: Le prince Adam-George Czartoryski naquit à Varsovie, en 1770, et
mourut à Montfermeil, près Paris, en 1861. Après le dernier partage de
la Pologne en 1795 il fut pris comme otage à Saint-Pétersbourg; il se
lia avec le grand-duc Alexandre qui devenu empereur le nomma
ministre-adjoint des affaires étrangères. La faveur du souverain lui
laissait concevoir une Pologne reconstituée et autonome, sous la
protection de la Russie. Déçu dans ses espérances, il se démit de ses
fonctions en 1807. Nommé sénateur palatin du royaume de Pologne en 1815,
il tomba en disgrâce en 1821. En 1831, élu président du gouvernement
national polonais, ses biens furent confisqués; il s'établit alors à
Paris et devint le chef du parti aristocratique de l'émigration
polonaise. Il a laissé des _Mémoires_, 2 vol. in-8°, Paris, 1887.]
[70: Ce n'est qu'en 1797 que le prince Adam Czartoryski fut attaché à la
personne du grand-duc en qualité d'aide de camp général. Voici comment
il raconte lui-même, dans ses _Mémoires_, l'origine de leurs relations
qui datent de 1796: «Le spectacle, les promenades, les bals à la cour
nous rapprochèrent davantage, mon frère et moi, des jeunes grands-ducs
qui nous traitaient toujours avec une prévenance visible. Je m'occupais
alors du dessin. Le grand-duc Alexandre l'ayant appris m'en fit apporter
quelques-uns qu'il examina, ainsi que la grande-duchesse, avec beaucoup
de bienveillance... M'ayant rencontré un jour, il me dit qu'il
regrettait de me voir si rarement et m'ordonna de venir le trouver au
palais de la Tauride, que nous nous promènerions dans le jardin qu'il
voulait me montrer. Il m'assigna le jour et l'heure... Je regrette de
n'avoir pas marqué la date précise de ce jour; il eut une influence
décisive sur une grande partie de ma vie et sur les destinées de ma
patrie. C'est de ce jour et de la conversation dont je vais rendre
compte que commença mon dévouement au grand-duc, je puis dire notre
amitié...» (t. Ier, pp. 93 et 95).]
[71: Le prince Czartoryski relate dans ses _Mémoires_ les propos sur
lesquels il fondait cette espérance: «Il me dit alors (pendant la
promenade au jardin, 1796) qu'il ne partageait nullement les idées et
les doctrines du cabinet et de la cour; qu'il était loin d'approuver la
politique et la conduite de sa grand'mère, qu'il condamnait ses
principes, qu'il avait fait des voeux pour la Pologne et pour sa lutte
glorieuse, qu'il avait déploré sa chute, que Kosciuszko était à ses yeux
un grand homme par ses vertus et par la cause qu'il avait défendue, qui
était celle de l'humanité et de la justice. Il m'avoua qu'il détestait
le despotisme partout et de quelque manière qu'il s'exerçât; qu'il
aimait la liberté, qu'elle était due également à tous les hommes; qu'il
avait pris l'intérêt le plus vif à la Révolution française; que, tout en
réprouvant ces terribles écarts, il souhaitait des succès à la
république et s'en réjouissait». (t. I, p. 96).]
[72: «Un matin je reçus une lettre du comte Rostopchine dans laquelle il
me disait que j'avais été nommé ministre de l'empereur auprès du roi de
Sardaigne, que je devais incontinent me rendre à Pétersbourg pour y
prendre connaissance de mes instructions et partir dans huit jours pour
l'Italie...» _Mémoires_, (t. I, p. 188).]
[73: Le 24 mars 1801.]
[74: Voir appendice V.]
[75: Le roi Louis XVIII.]
[76: François de Besiade, comte, puis duc d'Avaray (1759-1811), aide
Monsieur à s'évader du Luxembourg, en juin 1791, le suivit à l'étranger
et ne le quitta plus. Ce fut d'Avaray qui décida du mariage du duc
d'Angoulême avec Madame Royale, que la cour d'Autriche voulait retenir à
Vienne. Louis XVIII l'appelait «le plus fidèle de ses serviteurs.»
«L'ami, le confident véritable de Monsieur, écrit le duc de Sérent à
Goday, celui dont le crédit l'emporte sur tous les crédits...» (Ernest
Daudet, _Histoire de l'Émigration_, t. II et III).]
[77: Dans son _Histoire de l'Émigration_ M. Ernest Daudet fait du
château de Mittau la description suivante: «C'était, comme aujourd'hui,
une vaste et somptueuse construction, élevée sur l'emplacement du vieux
château ducal, aux bords de l'Aa. Des bosquets et des étangs
l'entouraient. Ses proportions monumentales, ses pièces spacieuses, sa
physionomie architecturale rappelant Versailles, en faisaient une
demeure digne d'un roi. Par les hautes croisées, le regard embrassait un
lumineux horizon de dunes grisâtres, coupé çà et là de terres fertiles
et de forêts, borné au loin par la mer Baltique. Plus près s'étendait la
ville avec des rues spacieuses, des maisons en bois pour la plupart,
habitées par une population formée en partie de nobles familles russes
et de juifs allemands. Mittau renfermait une société cultivée, savante,
aimant les arts, au courant du mouvement intellectuel de l'Europe. Elle
devait ce privilège à ses longues relations avec la Pologne, et surtout
à son contact permanent avec les voyageurs venus du midi de l'Europe,
qui, pour arriver dans la capitale russe, devaient nécessairement passer
par Mittau.» (t. II, p. 226).]
[78: Le 10 octobre 1806. Voici comment Parquin, qui tenait ce récit de
Gaindé, raconte sa mort: «Le prince Louis, avec quelques hussards
d'ordonnance, s'efforçait de rallier les fuyards, lorsqu'un maréchal des
logis du 10e hussards français, qui s'appelait Gaindé, arriva sur lui,
la pointe au corps, lui criant: «Rendez-vous, général, ou vous êtes
mort!» Le général, qui n'était autre que le prince Louis, répondit: «Moi
me rendre! Jamais!» Et relevant l'arme de Gaindé, il lui porta un coup
de sabre qui atteignit le maréchal des logis à la figure; il allait lui
en donner un second lorsque Gaindé, ripostant d'un coup de pointe,
traversa la poitrine du prince et le jeta en bas de son cheval. Les
ordonnances du prince, le voyant en combat singulier avec un soldat
français, arrivèrent au galop et ils se seraient infailliblement emparés
de Gaindé ou du moins ils l'auraient tué, si un hussard du 10e ne fût
arrivé au galop un s'écriant: «Tenez bon, maréchal des logis!» Puis,
lâchant un coup de pistolet, il étendit mort un hussard prussien; ce que
voyant, les ordonnances du prince disparurent.» (Parquin, _Souvenirs et
Campagnes_, p. 61.) Dans le livre _De l'Allemagne_, 1re partie, ch.
XVII, madame de Staël a rendu hommage à la mort héroïque du prince
Louis. La censure, en 1810, exigea la suppression de cet éloge.]
[79: 14 octobre 1806.]
[80: Ville forte de 16 000 habitants, située au confluent de la Warthe
et de l'Oder. Le roi et la reine de Prusse traversèrent Küstrin le 26
octobre. Le général d'Insgersleben, qui commandait la place, jura à son
souverain en fuite de résister jusqu'à la mort. Trois jours après,
voyant venir l'avant-garde du maréchal Davout, il invita les Français à
prendre possession de la forteresse.]
[81: Au N.-E. de Berlin, dans la direction de Stettin. Le 29 octobre, la
place de Stettin, défendue par une garnison de six mille hommes et cent
soixante canons, capitula sans combat devant une brigade de cavalerie
légère commandée par le général Lassalle.]
[82: Dans la Poméranie orientale. Stargard est située sur l'Inha,
affluent de l'Oder.]
[83: L'abbé Edgeworth, qui avait assisté Louis XVI à ses derniers
moments, mourut à Mittau le 22 mai 1807, des suites de la fièvre
typhoïde qu'il avait contractée en soignant les prisonniers français.]
[84: Daniel Stern (madame d'Agoult) fait de la duchesse d'Angoulême le
portrait suivant (1827):
«Madame Royale, duchesse d'Angoulême, qui portait, malgré sa
maturité--elle avait alors quarante-six ans--depuis l'avènement de son
beau-père, le titre juvénile de Dauphine, n'était pas douée des
agréments d'esprit et des manières qui avaient rendu si attrayants
l'entretien et la familiarité de Marie-Antoinette. Elle n'y prétendait
pas, loin de là. Quelque chose en elle protestait contre ses grâces
imprudentes auxquelles certaines gens, parmi les royalistes, imputaient
les malheurs de la Révolution. Marie-Thérèse de France, au moment de son
mariage--à Mittau, le 10 juin 1799--avec son cousin germain,
Louis-Antoine, duc d'Angoulême, avait une noblesse de traits, un éclat
de carnation et de chevelure qui rappelait, disait-on, l'éblouissante
beauté de sa mère. J'ai porté longtemps en bague une petite miniature
qu'elle avait donnée, à Hartwell, à la vicomtesse d'Agoult; on l'y voit
blonde et blanche, avec des yeux bleus très doux. Mais peu à peu, en
prenant de l'âge, ce qu'elle tenait de son père s'était accentué: la
taille épaisse, le nez busqué, la voix rauque, la parole brève, l'abord
malgracieux. Dans les adversités d'un destin toujours contraire, sous la
perpétuelle menace d'un avenir toujours sombre, dans la prison, dans la
proscription, Madame Royale s'était cuirassée d'airain. Sa volonté,
toujours debout, refoulait incessamment, comme une faiblesse indigne de
la fille des rois, la sensibilité naturelle à son âme profonde. Simple
et droite, courageuse et généreuse comme il a été donné de l'être à peu
de femmes; intrépide dans les résolutions les plus hardies; ne
cherchant, ne voulant, ne connaissant que le devoir; fidèle en amitié,
capable des plus grands sacrifices, charitable sans mesure et sans fin;
malgré tant de vertus, Marie-Thérèse ne sut pas se rendre aimable; elle
ne fut point aimée des Français, comme elle eût mérité de l'être. La
France, qu'elle chérissait avec une tendresse douloureuse, ne lui
pardonna jamais d'être triste. Ni son mari qui se pliait à sa
supériorité, ni le roi son oncle, ni le roi son beau-père qui lui
rendaient hommage, ni les serviteurs dévoués qui l'admiraient, ne
pénétrèrent, je le crois, le secret passionné de cette âme héroïque. La
maternité lui manqua. Elle vécut et mourut connue de Dieu seul.» (Mes
Souvenirs, p. 274).]
[85: Il s'agit ici du second séjour de Louis XVIII à Mittau, qui dura de
janvier 1803 à septembre 1807. Il y avait déjà séjourné de mars 1798 à
janvier 1801. Sur l'ordre de Paul Ier, le comte de Provence, avec sa
petite cour, avait quitté la capitale du duché de Courlande et s'était
rendu à Varsovie. L'empereur Alexandre Ier le rappela à Mittau et lui
servit, au début, une pension d'environ 200 000 roubles. Voir l'ouvrage
très documenté de M. Ernest Daudet, _Histoire de l'Émigration_, t. III.]
[86: Le prince de Talleyrand, dans ses _Mémoires_, fait de son entrevue
avec Louis XVIII, à Compiègne, le récit suivant: «Il était dans son
cabinet. M. de Duras m'y conduisit. Le roi, en me voyant, me tendit la
main et de la manière la plus aimable et même la plus affectueuse me
dit:--Je suis bien aise de vous voir: nos maisons datent de la même
époque. Mes ancêtres ont été les plus habiles: si les vôtres l'avaient
été plus que les miens, vous me diriez aujourd'hui: Prenez une chaise,
approchez-vous de moi, parlons de nos affaires; aujourd'hui c'est moi
qui vous dit: Asseyez-vous et causons... Je fis bientôt après le plaisir
à l'archevêque de Reims, mon oncle, de lui rapporter les paroles du roi,
obligeantes pour toute notre famille... Je rendis compte au roi de
l'état où il trouverait les choses. Cette première conversation fut fort
longue (t. II, p. 109).]
[87: Voici ce qu'écrit sur ce sujet et à cette époque, l'auteur de ces
_Mémoires_:
Mittau, le 11 février 1807.
«Ma bonne Jeanne, j'ai appris avec grand plaisir par tes lettres à
maman que tu te portes bien. Tu n'as certainement pas cru que nous
célébrerions le jour de naissance de notre chère maman dans Mittau;
nous avons été tout à fait tristes ce jour-là, d'abord par mille
souvenirs et parce que tu n'y étais pas... J'ai vu la duchesse
d'Angoulême qui est bien aimable et que je trouve très belle; Louis
XVIII est aussi aimable. La Duchesse m'a demandé laquelle de mes
soeurs j'aimais le plus et j'ai dit que c'était toi parce que je te
connaissais le plus et parce que tu étais bien bonne. Je te prie
d'embrasser Pauline et de faire mes compliments à la Maynard et à
la Costantini; dis à cette dernière que je fais tous les jours mes
gammes et mes passages. Adieu, chère et bonne Jeanne, je t'embrasse
de tout mon coeur et t'aime comme je désire être aimée de toi.
«TA DOROTHÉE.»
(_Lettre inédite_.) ]
[88: Le baron Hue, commissionnaire général de la maison du roi, donne la
liste des émigrés qui étaient auprès de Louis XVIII durant son second
séjour à Mittau. C'étaient: le duc de Gramont, le duc de Piennes, le duc
d'Havré, le comte de la Chapelle, le marquis de Bonnay, le comte de
Damas, la comtesse de Narbonne, la comtesse de Choisy, la duchesse du
Sérent, le comte et la comtesse de Damas-Crux, l'abbé Edgeworth, l'abbé
Fleuriel, l'abbé Destournelles, M. Le Fèvre, etc.
«La suite de Sa Majesté comprenait alors 43 personnes tant maîtres que
domestiques.» (_Souvenirs du baron Hue_, 1 vol. in-8°, 1904, p. 252)]
[89: Mademoiselle Henriette de Choisy était fille de ce marquis de
Choisy qui, se trouvant à Vienne au moment du premier partage de la
Pologne, se mit en tête de revendiquer une part pour la France. Avec
1200 insurgés polonais il s'empara de Cracovie, en prit possession au
nom du roi Louis XV qui désavoua Choisy (février 1772). Sans tenir
compte du désaveu du roi, il garda avec lui 600 Polonais et 25
gentilshommes français et avec 4 canons en fer soutint le siège durant
tout le mois de mars contre 18.000 Russes. Mademoiselle de Choisy était
émigrée à Vienne quand, sur la recommandation du cardinal de la Fare,
Madame Royale qui allait gagner Mittau pour épouser le duc d'Angoulême
se l'attacha comme dame d'honneur. (1799) (_Souvenirs de la baronne du
Montet_, 1 vol. in-8°, pp. 24-29)]
[90: Félicité de Montmorency, duchesse de Sérent, ancienne dame d'atours
de Madame Élisabeth. Le duc de Sérent était ancien gouverneur des ducs
d'Angoulême et de Berri.]
[91: La comtesse de Damas-Crux était fille de la duchesse de Sérent. Le
comte de Damas (1738-1829) dirigeait avec d'Avaray la maison militaire
de Monsieur, Comte de Provence.]
[92: La comtesse de Narbonne, dame d'honneur de la duchesse d'Angoulême,
était femme du comte, puis duc de Narbonne-Pelet et, comme madame de
Damas, fille de la duchesse de Sérent.]
[93: Marie-Joséphine Louise de Savoie.]
[94: Mademoiselle de Choisy épousa en 1815 seulement le vicomte
d'Agoult, premier écuyer de la duchesse d'Angoulême, et en cette qualité
devint dame d'atours de Madame la Dauphine. (Daniel Stern, _Souvenirs_,
pp. 269 et suiv.)]
[95: Alexandre de Talleyrand, né en 1736, archevêque-duc de Reims
(1777). Il avait été député aux États-Généraux (1789). Ayant refusé sa
démission en 1801, il fut appelé par Louis XVIII à Mittau en 1803,
devint grand aumônier en 1808, pair de France en 1814, cardinal en 1817
et mourut archevêque de Paris en 1821. Il était l'oncle paternel du
prince de Talleyrand.]
[96: Le duc de Berry avait dû épouser aussi, en 1798, Anna Tyszkiewicz,
devenue plus tard comtesse Potocka. «Était-ce, dit-elle dans ses
_Mémoires_, à la suite d'un projet éphémère ou simplement pour se rendre
agréable et payer de cette manière la réception royale qu'on avait faite
à son maître (Louis XVIII), je ne sais, mais avant de quitter Bialystok,
le comte d'Avaray proposa à ma mère de me marier au duc de Berry...» (p.
21). Le duc de Berry épousa, en 1816, Marie-Caroline princesse des
Deux-Siciles.]
[97: Juillet 1807.]
[98: Le prince Louis-Ferdinand.]
[99: La reine Louise mourut le 19 juillet 1810; elle était née le 10
mars 1776.]
[100: Du 6 au 9 juillet 1807. Voir sur le voyage de la reine Louise à
Tilsit et son entrevue avec Napoléon l'ouvrage de M. Albert Vandal,
_Napoléon et Alexandre Ier; de Tilsit à Erfurt_, 1 vol. in-8°, 1891, pp.
94-99.]
[101: Vers ce même temps (été de 1808) la reine Louise écrit à madame de
Berg: «Je souffre infiniment. Ah! trop souvent des reproches tombent sur
moi, sur moi qui porte, comme Atlas le monde, un fardeau de souffrances.
Que ne puis-je répondre? Je pleure et j'étouffe mes larmes. Il y eut un
an avant-hier que j'eus ma première entrevue avec Napoléon, hier il y
eut un an que j'eus ma dernière avec lui. Ah! quel souvenir! Ce que j'ai
souffert là, je l'ai souffert beaucoup plus pour d'autres que pour
moi-même. Je pleurais, je priais au nom de l'amour et de l'humanité, au
nom de notre malheur et des lois qui gouvernent le monde. Et je n'étais
qu'une femme, un être faible et pourtant supérieur à cet adversaire, si
pauvre de coeur.» (_Briefe der Königin Luise von Preussen_, recueillies
par A. Martin, 1 vol., Berlin, 1887, lettre XXIX.)]
[102: Vandal, pp. 94.]
[103: La beauté de la reine Louise produisit une grande impression sur
tous ceux qui l'approchèrent, et de Goethe à madame Vigée-Lebrun la liste
est longue de ceux qui parlent d'elle avec un enthousiasme lyrique,
comme d'une «apparition céleste». «Il y avait dans le son de sa voix,
dit le général de Ségur, une douceur si harmonieuse, dans ses paroles
une séduction si aimable et si touchante, dans son attitude tant de
charme et de majesté que, interdit pendant quelques instants, je me crus
en présence d'une de ces apparitions dont les récits des temps fabuleux
nous ont retracé l'image.» (_Histoire et Mémoires_, t. II, p. 210) C'est
à peine si l'on trouve quelques hérétiques du culte de cette beauté.
Cependant quelques-uns osaient critiquer chez la reine Louise la
longueur de ses pieds ou de ses mains et ils se trouvent, sur ce point,
d'accord avec l'auteur de ces _Mémoires_. D'autres allaient jusqu'à
affirmer que la banderole de gaze légère qui flottait toujours autour de
son cou, avec une grâce que la peinture a illustrée, cachait
ingénieusement des cicatrices. (Arnim, _Vertraute Geschichte_, t. III,
pp. 251-259.)]
[104: Pendant la guerre de l'Indépendance (_Befreiungskrieg_).]
[105: Le portrait le plus populaire de la reine Louise est celui de
Richter (musée de Cologne). On en voit des reproductions exposées aux
vitrines de presque toutes les boutiques d'Allemagne. Au musée de
Hohenzollern à Berlin il y a un autre portrait, moins célèbre mais fort
beau, de la reine Louise représentée en amazone.]
[106: L'histoire a conservé le nom de cette jeune fille; elle s'appelait
Ferdinande von Schmettau. Née en 1798, elle est morte en 1815. Le
sacrifice qu'elle accomplit en 1813 est, encore aujourd'hui, mentionné
dans les manuels d'histoire à l'usage des jeunes filles. En 1863, on en
fêta le cinquantenaire.]
[107: Le 3 août 1814. L'ordre de Louise fut créé dans le but de
récompenser cent dames ou demoiselles qui, pendant la «guerre
d'indépendance», s'étaient distinguées par leur patriotisme. Les
insignes sont la croix de Prusse avec l'initiale L au milieu et ruban
blanc avec large liséré noir de chaque côté.]
[109: Belle église des XIII-XVe siècles. Elle se trouve dans le vieux
Berlin, Poststrasse.]
[110: Voir A. Lévy, _Napoléon et la Paix_, 1 vol. in-8°, 1902, pp. 621
et suiv.]
[111: Voir Appendice VI.]
[112: L'empereur Alexandre quitta Erfurt le 14 octobre 1808. Il y était
depuis le 28 septembre. Sur l'entrevue d'Erfurt, voir _Mémoires du
prince de Talleyrand_, t. I, pp. 391 et suiv.]
[113: Le marquis de Caulaincourt (1773-1827) avait suivi la carrière des
armes. Envoyé à Saint-Pétersbourg à l'avènement d'Alexandre (1801), il
fut à son retour nommé aide de camp de Bonaparte, premier consul. Grand
écuyer de l'empereur (1804), général de division, duc de Vicence (1805),
il fut de nouveau envoyé à Saint-Pétersbourg comme ambassadeur, en 1807.
Le duc de Vicence jouit d'un grand crédit auprès de l'empereur de
Russie, qu'il accompagna à Erfurt. Rappelé en 1811, il fit la campagne
de Russie et rentra à Paris avec Napoléon. Sénateur, ministre des
affaires étrangères, il représenta la France aux conférences de Prague,
de Francfort et de Châtillon. Il fut de nouveau ministre des affaires
étrangères pendant les Cent-Jours. En maints passages de ses _Mémoires_
le prince de Talleyrand parle de M. de Caulaincourt avec grand éloge; et
notamment à propos de l'entrevue d'Erfurt il écrit: «... Ma liaison
personnelle avec M. de Caulaincourt, aux qualités duquel il faudra bien
que l'on rende un jour justice, tous ces motifs firent surmonter à
l'empereur l'embarras dans lequel il s'était mis à mon égard, en me
reprochant violemment le blâme que j'avais exprimé à l'occasion de son
entreprise sur l'Espagne.» (t. I, p. 401. et pp. 438 et suiv.)]
[114: Alexandre-Edmond de Talleyrand-Périgord, né le 2 août 1787, depuis
duc de Dino, et plus tard duc de Talleyrand-Périgord, mort en 1873 à
Florence.]
[115: Les troupes françaises quittèrent Berlin le 3 décembre 1808.]
[116: En 1817, il épousa la princesse Sapicha.]
[117: Voir Appendice VII.]
[118: Alexandrine de Damas, fille de Joseph de Damas, marquis d'Anligny,
mariée en 1751 à Charles-Daniel de Talleyrand-Périgord (1734-1788),
lieutenant général, menin du Dauphin, morte en 1809.]
[119: Mélanie de Talleyrand-Périgord, née en 1785; elle épousa en 1803
Just, comte de Noailles, plus tard duc de Poix, qui fut chambellan de
l'empereur. Elle mourut en 1863.]
[120: Extrait des _Mémoires_ de Manstein.]
[121: Anna Ivanovna, morte le 28 octobre.]