J'ai reçu hier votre aimable lettre, madame la Duchesse. Je n'avais pas
besoin d'être aussi seul et dans un lieu aussi triste que
Bourbon-l'Archambauld pour qu'elle me fît un bien grand plaisir. Vous me
paraissez avoir été contente de Rosny; je l'espérais. Vous vous serez,
suivant votre image, trouvée au milieu de gens qui vous aiment et vous
respectent, et vous avez, vous, de quoi vous plaire à la campagne. Une
vie simple et douce où l'on n'affecte rien, où l'on jouit tour à tour et
de la nature et de l'amitié a bien quelque charme pour une personne qui,
comme vous, a de l'élévation dans le caractère, du naturel, du goût et
de la grâce dans l'esprit. Je reçois des nouvelles de ma mère qui
m'inquiètent. Serait-elle donc destinée à jouir si peu de temps du
plaisir de voir sa petite-fille! Le bulletin d'aujourd'hui est meilleur
mais il ne me rassure pas encore. À combien de tribulations la vie
est-elle destinée, combien d'inquiétudes en marquent presque tous les
instants? Je ne sais pourquoi toutes mes idées sont noires. J'ai besoin
de me retrouver avec tous les miens et il faut, grâce à Dorothée, que
vous me permettiez de vous compter dans ce nombre...