Saint-Pétersbourg, 18/30 avril 1805.
Lorsque vous aurez lu la vie de Marie Stuart, chère petite amie, vous
aurez la bonté de me rendre vos réflexions sur le malheureux sort de
cette princesse qui semblait avoir été formée par la nature et par la
fortune à tout ce que nous appelons _bonheur véritable_ sur la terre,
sans compter ce _bonheur factice_ qui est pourtant aussi quelque chose
parmi les hommes.
La bonne _Frau_ Pauline s'en retourne à Prague. Mais n'ira-t-elle pas du
tout aux eaux, à la campagne, de cette année?--Je vous félicite, petite
amie, de la jolie robe que vous a faite madame Aglaé.--Il faut aussi des
robes comme il faut des fracs et des habits. Hélas! les miens commencent
à m'en avertir. Je fais la sourde oreille, chère enfant, mais ils crient
plus fort que je ne voudrais; et cependant je tiens ferme et tant que je
suis ici, où tout est d'une extrême cherté, je les ferai aller. Adieu,
chère enfant. Le bon tuteur vous rend mille embrassements pour un. Dites
tout plein de belles choses à mademoiselle Julie, à toute la société.
Adieu.