Le récent naufrage de l'_Hilda_, en vue de Saint-Malo, semble résulter
surtout de l'impossibilité où se trouva le capitaine d'apercevoir, à
travers la brume, les feux de la rade et de reconnaître les récifs qui
en gênent l'approche.
Pour parer à cette éventualité dangereuse, la marine entretient, en de
nombreux points voisins des côtes, de France, des feux flottants
destinés à signaler les écueils par les temps où les projections
lumineuses du littoral ne peuvent les atteindre.
Le «plateau des Minquiers», massif de rochers fort dangereux, situé
précisément dans le golfe de Saint-Malo, était jadis signalé par un
bateau-feu comportant un équipage et devant être ravitaillé tous les dix
ou quinze jours. Ce bateau a été remplacé par cinq bouées lumineuses qui
peuvent fonctionner, abandonnées à elles-mêmes, durant trois mois. En
fait, cependant, on les recharge à peu près aussi souvent qu'on
ravitaillait le bateau-feu: on se borne à attendre une mer calme pour
aborder à ces rochers, dont l'accès, fort difficile par les gros temps
d'hiver, est parfois impossible pendant plusieurs semaines.
En tôle d'acier très résistante, d'une seule pièce, contenant du gaz
d'huile à la pression de 11 atmosphères, la bouée pèse 5 tonnes. Elle
est munie d'une longue queue chargée d'un poids de 1.500 kilos qui lui
assure une grande stabilité, et de gros champignons en fonte, remplaçant
une ancre, l'empêchent de dériver. La lampe est entourée de lentilles
identiques à celles des phares.
[Illustration: Une salle du nouvel hôpital Claude-Bernard, à
Aubervilliers.]
Pour le chargement, le bateau accoste la bouée, l'amarre, et un homme
fixe à son extrémité supérieure un tuyau par lequel on envoie le gaz
pompé dans les réservoirs du bateau. De temps en temps, les bouées sont
remplacées et ramenées au port pour être repeintes et nettoyées.