On se rappelle peut-être que des spéculateurs américains avaient imaginé
de recourir au flottage pour le transport des bois à travers les océans.
Ils avaient calculé qu'en formant des radeaux représentant la charge de
vingt grands navires, il suffirait qu'un seul sur trois arrivât à
destination pour rendre le procédé économique. Le premier essai réussit
exactement dans cette proportion; mais, contrairement aux prévisions,
les bois des radeaux disloqués, au lieu d'être portés par le Gulf-Stream
vers les rivages antarctiques, arrivèrent dans les parages des Açores.
Durant plusieurs mois, les navigateurs y furent exposés à se heurter à
d'innombrables troncs mesurant de 75 centimètres à 2 mètres de diamètre,
et de 9 mètres à 27 mètres de longueur. Ce mode de transport, à peu près
abandonné sur la côte orientale des États-Unis, est devenu assez usité
entre le Canada et San-Francisco, la proximité continuelle l'assèchement
et la pêche du lac d'Enghien de la côte en atténuant les risques pour
les exploiteurs... et pour les autres.
[Illustration: Un coup de filet ramenant 1.800 kilos de poisson.]
[Illustration: Le lac complètement asséché.]
Un industriel, plus audacieux que tous ses devanciers, fait construire
en ce moment un radeau monstre que quatorze remorqueurs traîneront sur
le Pacifique, des rives canadiennes aux côtes chinoises. Si ce «fagot»
se disloque en route, les accidents que ces épaves pourront causer
seront compensés dans une certaine mesure par les nouvelles données
qu'elles fourniront sur la direction des courants. Elles pourront, en
outre, apporter la richesse à de nombreuses familles de pêcheurs.