CHAPITRE XXI

Comment les lois doivent être relatives aux moeurs et aux manières.

Il n'y a que des institutions singulières qui confondent ainsi des

choses naturellement séparées, les lois, les moeurs et les manières:

mais, quoiqu'elles soient séparées, elles ne laissent pas d'avoir

entre elles de grands rapports.

On demanda à Solon si les lois qu'il avait données aux Athéniens

étaient les meilleures. «Je leur ai donné, répondit-il, les meilleures

de celles qu'ils pouvaient souffrir[367].» Belle parole, qui devrait

être entendue de tous les législateurs. Quand la sagesse divine dit au

peuple juif: «Je vous ai donné des préceptes qui ne sont pas bons»,

cela signifie qu'ils n'avaient qu'une bonté relative; ce qui est

l'éponge de toutes les difficultés que l'on peut faire sur les lois de

Moïse.

[367] PLUTARQUE, _Vie de Solon_, § 9.

Esprit des lois livres I à V, précédés d'une introduction de l'éditeur · 第 188 / 211 题