Comment les lois doivent être relatives aux moeurs et aux manières.
Il n'y a que des institutions singulières qui confondent ainsi des
choses naturellement séparées, les lois, les moeurs et les manières:
mais, quoiqu'elles soient séparées, elles ne laissent pas d'avoir
entre elles de grands rapports.
On demanda à Solon si les lois qu'il avait données aux Athéniens
étaient les meilleures. «Je leur ai donné, répondit-il, les meilleures
de celles qu'ils pouvaient souffrir[367].» Belle parole, qui devrait
être entendue de tous les législateurs. Quand la sagesse divine dit au
peuple juif: «Je vous ai donné des préceptes qui ne sont pas bons»,
cela signifie qu'ils n'avaient qu'une bonté relative; ce qui est
l'éponge de toutes les difficultés que l'on peut faire sur les lois de
Moïse.
[367] PLUTARQUE, _Vie de Solon_, § 9.