Manière de penser d'Aristote.
L'embarras d'Aristote paraît visiblement quand il traite de la
monarchie[260]. Il en établit cinq espèces: il ne les distingue pas
par la forme de la constitution, mais par des choses d'accident, comme
les vertus ou les vices du prince; ou par des choses étrangères, comme
l'usurpation de la tyrannie, ou la succession de la tyrannie.
[260] _Politique_, liv. III, chap, XIV.
Aristote met au rang des monarchies et l'empire des Perses et le
royaume de Lacédémone. Mais qui ne voit que l'un était un État
despotique, et l'autre une république[261]?
[261] «Qui ne voit au contraire que Lacédémone eut un seul roi
pendant quatre cents ans, ensuite deux rois jusqu'à l'extinction de
la race des Héraclides, ce qui fait une période d'environ mille
années? On sait bien que nul roi n'était despotique de droit, pas
même en Perse: mais tout prince dissimulé, hardi, et qui a de
l'argent, devient despotique en peu de temps, en Perse et à
Lacédémone; et voilà pourquoi Aristote distingua des républiques
tout État qui a des chefs perpétuels et héréditaires.» (Note de
VOLT.)
Les anciens, qui ne connaissaient pas la distribution des trois
pouvoirs dans le gouvernement d'un seul, ne pouvaient se faire une
idée juste de la monarchie.