Les monuments.
=Vanneau.--Les statues.--Colonne de Louis XVI.--Du Guesclin.=
Les grands caractères appellent la lutte: la Bretagne est le pays de France
le plus religieux, gardien de l'ancienne foi, représentant de l'ancienne
société; c'est en Bretagne que la Révolution a triomphé avec le plus de
hauteur: sur ce sol royaliste et chrétien, en face de ces croix, de ces
calvaires, de ces statues de saints, de ces églises, elle a affecté de
planter les monuments qui attestent sa victoire. Partout on trouve les
marques de son triomphe: de quelque côté que l'on entre en Bretagne, à
Saint-Florent, la colonne de Bonchamp mutilée; au Pin-en-Mauges, le
monument de Cathelineau renversé; à Rennes, à Nantes, des inscriptions en
l'honneur de la Révolution. A Saint-Malo, les premiers noms que l'on entend
prononcer sont les noms de Lamennais et Chateaubriand, c'est-à-dire des
deux plus grands révolutionnaires du XIXe siècle. Car, si Lamennais est le
philosophe qui nie le principe de l'ancienne société, Chateaubriand est
l'écrivain de la nouvelle; c'est lui qui a changé la vieille langue, qui a
introduit une nouvelle forme; l'un est haineux et amer, comme les révoltés
qui ressentent encore, tandis qu'ils détruisent, des secousses de leur
conscience; l'autre est mélancolique et triste, comme un homme qui vit
parmi des ruines.
A Rennes, dans la capitale de l'ancienne Bretagne, au point le plus
culminant de la ville, lorsque vous montez à cette belle promenade du
Thabor d'où vous dominez, étendue à vos pieds, la terre de Bretagne, la
vraie Bretagne qui commence, vous rencontrez une colonne surmontée d'une
statue, avec cette inscription:
=A VANNEAU, A PAPU.=
Quels sont ces noms? qu'ont-ils fait pour qu'on leur érige une colonne?
L'inscription vous le dit: