LXXXI

Mort, ô ma Mort, pourquoi chuchotes-tu si bas à mes oreilles?

* * * * *

Quand, vers le soir, les fleurs se flétrissent et que le bétail revient

à l’étable, sournoisement tu viens, à mes côtés, prononcer des paroles

que je ne comprends pas.

Espères-tu ainsi, me courtiser et me conquérir? m’endormir, dans un

murmure, sous l’opium de tes froids baisers? Mort, ô ma Mort!

* * * * *

N’y aura-t-il pas, pour nos noces, quelque somptueuse cérémonie?

N’attacheras-tu pas d’une guirlande de fleurs les torsades de tes

boucles fauves?

N’y a-t-il personne pour porter devant toi ta bannière et la nuit ne

sera-t-elle pas enflammée de tes torches rouges, Mort, ô ma Mort?

* * * * *

Viens au claquement de tes cymbales de coquillages, viens dans une nuit

sans sommeil.

Revêts-moi du manteau écarlate; étreins ma main et prends-moi.

Que ton char soit tout prêt à ma porte et que tes chevaux hennissent

d’impatience.

Lève le voile et, fièrement, regarde-moi en plein visage, Mort, ô ma

Mort!

Le jardinier d'amour · 第 98 / 103 题