Mort, ô ma Mort, pourquoi chuchotes-tu si bas à mes oreilles?
* * * * *
Quand, vers le soir, les fleurs se flétrissent et que le bétail revient
à l’étable, sournoisement tu viens, à mes côtés, prononcer des paroles
que je ne comprends pas.
Espères-tu ainsi, me courtiser et me conquérir? m’endormir, dans un
murmure, sous l’opium de tes froids baisers? Mort, ô ma Mort!
* * * * *
N’y aura-t-il pas, pour nos noces, quelque somptueuse cérémonie?
N’attacheras-tu pas d’une guirlande de fleurs les torsades de tes
boucles fauves?
N’y a-t-il personne pour porter devant toi ta bannière et la nuit ne
sera-t-elle pas enflammée de tes torches rouges, Mort, ô ma Mort?
* * * * *
Viens au claquement de tes cymbales de coquillages, viens dans une nuit
sans sommeil.
Revêts-moi du manteau écarlate; étreins ma main et prends-moi.
Que ton char soit tout prêt à ma porte et que tes chevaux hennissent
d’impatience.
Lève le voile et, fièrement, regarde-moi en plein visage, Mort, ô ma
Mort!