Il était midi quand vous êtes parti.
Le soleil était ardent dans le ciel. J’avais fini mon ouvrage et j’étais
assise solitaire sur mon balcon, quand vous êtes parti.
* * * * *
Des coups de vent m’apportaient, par instants, les parfums des prés
éloignés.
Dans l’ombre les colombes roucoulaient sans se lasser et une abeille
égarée dans ma chambre fredonnait les nouvelles des champs lointains.
* * * * *
Le village dormait dans la chaleur de midi.
La route était déserte.
Par accès soudains le bruissement des feuilles s’élevait puis
s’évanouissait.
Je regardais le ciel et, tandis que le village dormait dans la chaleur
de midi, je tissais dans le bleu les lettres d’un nom aimé.
J’avais oublié de tresser mes cheveux. La brise nonchalante s’y jouait
sur ma joue.
La rivière coulait tranquille sous sa rive ombragée. Les blancs nuages
paresseux ne bougeaient pas.
J’avais oublié de tresser mes cheveux.
* * * * *
Il était midi quand vous êtes parti.
La poussière de la route était chaude et les prés haletants.
Les tourterelles roucoulaient dans l’épaisseur des feuilles.
J’étais seule sur mon balcon quand vous êtes parti.