L’oiseau apprivoisé était dans une cage; l’oiseau sauvage était dans la
forêt.
Le sort les fit se rencontrer. L’oiseau sauvage crie: Oh! mon amour,
volons vers le bois.
L’oiseau apprivoisé murmure: Viens ici, vivons ensemble dans la cage.
Parmi ces barreaux, où y aurait-il place pour étendre mes ailes? dit le
libre oiseau. Hélas! s’écrie le prisonnier, je ne saurais où me poser
dans le ciel.
* * * * *
Mon bien-aimé, viens chanter les chants des forêts.--Reste près de moi.
Je t’enseignerai une musique savante.
L’oiseau des forêts réplique: Non, non! Les chants jamais ne se peuvent
enseigner.
L’oiseau en cage dit: Hélas! Je ne sais pas les chants des forêts.
Ils ont soif d’amour, mais jamais ils ne peuvent voler aile à aile.
A travers les barreaux de la cage ils se regardent, et vain est leur
désir de se connaître.
Ils battent des ailes et chantent: Viens plus près mon amour!
Le libre ailé s’écrie: Je ne puis, je crains les portes fermées de ta
cage.
Hélas! dit le captif, mes ailes sont impuissantes et mortes.