En même temps, je demandai par lettre, par télégramme, quelle était la
suite définitive donnée à mes demandes de revision pour lesquelles
j'obtenais toujours la même réponse énigmatique. Mais le silence, le
silence toujours, était la seule réponse que j'obtenais. J'ignorais les
événements qui s'étaient passés, qui se passaient encore en France.
Enfin, espérant obtenir par un moyen extrême une réponse, je déclarai
en septembre 1898 que je cessais ma correspondance en attendant la
réponse à mes demandes de revision. Cette déclaration fut inexactement
transmise par câble à ma femme et l'on verra à quels incidents elle
donna lieu.
En octobre, je reçus le courrier du mois d'août de ma femme, exprimant
toujours le même espoir, qu'il lui était malheureusement impossible,
dans sa correspondance épluchée et si souvent supprimée, d'étayer par
des faits précis.
Je renouvelai ma demande tendant à obtenir une réponse à mes demandes de
revision. Le 27 octobre 1898, alors que j'ignorais encore qu'une demande
en revision avait été introduite par ma femme, que cette demande avait
été transmise à la Cour de cassation pour y être examinée, on me fit
dire enfin que: «j'allais recevoir une réponse définitive à mes demandes
de revision adressées au chef de l'État».
J'écrivis aussitôt à ma femme la lettre suivante:
Iles du Salut, 27 octobre 1898.
Quelques lignes pour t'envoyer l'écho de mon immense affection,
l'expression de toute ma tendresse. Je viens d'être informé que je
recevrai la réponse définitive à mes demandes de revision. Je
l'attends avec calme et confiance, ne doutant pas cette réponse soit
ma réhabilitation...