Quelques extraits des lettres de ma femme que je reçus à cette date:
Paris, 5 mars 1897.
Je voulais attendre, pour venir causer avec toi, l'arrivée de ton
courrier, mais je ne puis tenir d'impatience, je suis incapable de
m'imposer un supplice aussi long; j'ai besoin de me détendre, de venir
près de toi, de réchauffer mon coeur auprès du tien et de ne pas me
concentrer, sans un instant de repos, dans la pensée affolante de
cette longue, interminable séparation. Quand je t'écris, au moins,
j'ai quelques instants d'illusion, la plume, l'imagination, la tension
de la volonté me transportent près de toi, là, tout près, comme je
voudrais être, te soutenant, te consolant, te rassurant sur l'avenir,
et t'apportant tout l'espoir que mon coeur contient renfermé et que je
voudrais tant te communiquer. C'est un moment bien fugitif, mais ce
bonheur d'être auprès de toi, je le possède ainsi quelques instants et
je me sens revivre...