ALFRED.

Quelques extraits des lettres de ma femme que je reçus à cette date:

Paris, 5 mars 1897.

Je voulais attendre, pour venir causer avec toi, l'arrivée de ton

courrier, mais je ne puis tenir d'impatience, je suis incapable de

m'imposer un supplice aussi long; j'ai besoin de me détendre, de venir

près de toi, de réchauffer mon coeur auprès du tien et de ne pas me

concentrer, sans un instant de repos, dans la pensée affolante de

cette longue, interminable séparation. Quand je t'écris, au moins,

j'ai quelques instants d'illusion, la plume, l'imagination, la tension

de la volonté me transportent près de toi, là, tout près, comme je

voudrais être, te soutenant, te consolant, te rassurant sur l'avenir,

et t'apportant tout l'espoir que mon coeur contient renfermé et que je

voudrais tant te communiquer. C'est un moment bien fugitif, mais ce

bonheur d'être auprès de toi, je le possède ainsi quelques instants et

je me sens revivre...

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 135 / 171 题