Je viens de recevoir enfin mon courrier. Toujours rien, hélas!
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Extraits des lettres de ma femme reçues à cette date:
Paris, 1er janvier 1896.
Cette journée du 1er janvier est encore plus longue, plus pénible.
Pourquoi? je me le demande; les raisons de souffrir sont les mêmes,
qu'il fasse jour, qu'il fasse nuit; tant que ton innocence ne sera pas
reconnue, le poids qui nous oppresse est trop lourd pour que nous
puissions prendre part à la vie extérieure et faire une différence
entre les jours quels qu'ils soient. Et cependant nous sommes sous une
impression plus triste encore. Sans doute, cela tient à ce que ces
journées, chez des êtres qui s'aiment tendrement, sont des moments de
très grand bonheur, de grande joie, et nous, si malheureux, si
cruellement atteints, nous éprouvons plus vivement encore le besoin de
nous rapprocher, de nous soutenir et de maintenir nos forces par une
solide affection...
Paris, 7 janvier 1896.
Je viens de recevoir tes lettres. Comme toujours elles m'ont remuée
jusqu'au plus profond de l'âme; ma joie et mon émotion sont intenses
lorsque j'aperçois ta chère écriture, lorsque je me pénètre de ta
pensée...
Tes lettres montrent une grande énergie, mais comme je sens percer ton
impatience et comme je la comprends. Comment pourrait-il en être
autrement? Livré à toi-même, dans un isolement complet, rongé
continuellement par des angoisses atroces, ne connaissant rien de
l'infamie commise et qui nous rend si malheureux, arraché à tous les
tiens en plein bonheur, la situation est certes la plus épouvantable
qui puisse exister!...