22 septembre 1895.

Palpitations de coeur toute la nuit dernière. Aussi suis-je bien fatigué

ce matin.

Vraiment l'esprit reste perplexe devant de pareils faits.

Condamné sur une preuve d'écriture, voilà bientôt un an que je demande

justice, et cette justice, que je réclame, ce n'est pas une discussion

sur l'écriture, mais la recherche, la découverte du misérable qui a

écrit cette lettre infâme. Le gouvernement a tous les moyens pour cela.

Nous ne sommes pas en face d'un crime banal, dont on ne connaisse ni

tenants ni aboutissants. Les aboutissants sont connus, donc la lumière

peut être faite, quand on voudra bien la faire.

D'ailleurs, le moyen m'importe peu.

C'est là où mon esprit, ma raison se perdent, c'est qu'on n'ait pas

encore fait cette lumière, éclairci cet horrible drame.

Ah! cette justice que je demande, il me la faut, pour mes enfants, pour

les miens, et je resterai debout, jusqu'à mon dernier souffle, si

horrible que soit mon supplice, pour la réclamer.

Mais quelle vie pour un homme qui ne place l'honneur de personne

au-dessus du sien!

La mort certes eût été un bienfait! Je n'ai même pas le droit d'y

penser.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 64 / 171 题