Rien ne m'est parvenu. Quelle amère déception!
Vendredi 2 août 1895, matin.
Quelle horrible nuit je viens de passer! Et il faut que je lutte
toujours et encore. J'ai parfois de folles envies de sangloter, tant ma
douleur est immense, mais il faut que je ravale mes pleurs, car j'ai
honte de ma faiblesse devant les surveillants qui me gardent nuit et
jour.
Pas même un instant seul avec ma douleur!
Ces secousses m'épuisent et aujourd'hui je suis brisé de corps et d'âme.
Et cependant je vais écrire à Lucie, lui cacher mes douleurs, lui crier
courage. Il faut que nos enfants entrent dans la vie la tête haute et
fière, quoi qu'il advienne de moi.