ALFRED.

Ma femme me répondit:

1er janvier 1895.

J'ai envoyé hier après-midi à la Place porter ma demande et on a

vainement attendu la réponse... Pourvu que mon autorisation de te voir

m'arrive demain! Car enfin quelle raison pourraient-ils invoquer

encore maintenant si ce n'est celle de la cruauté, de la barbarie?

Pauvre, pauvre ami... Que je voudrais donc t'embrasser, te consoler,

te réconforter. Non, vois-tu, mon coeur saigne à la pensée des

tortures que tu as à subir.

Avoir une belle âme comme la tienne, des sentiments aussi élevés, une

bonté inaltérable, un patriotisme exalté, et se voir torturé avec

cette cruauté, cet acharnement, et payer, toi innocent, pour un autre

qui se dérobe lâchement derrière son infamie. Il n'est pas admissible,

s'il existe une justice, que ce traître ne se dévoile pas, que la

vérité ne se fasse pas jour.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 25 / 171 题