LUCIE.

Le 31 décembre 1894, j'appris que le pourvoi en revision avait été

repoussé.

Le soir même, le commandant du Paty de Clam se présenta à la prison. Il

venait me demander si je n'avais pas commis quelque acte d'imprudence,

quelque acte d'amorçage. Je ne lui répondis qu'en protestant toujours

aussi énergiquement de mon innocence.

Aussitôt après son départ, j'écrivis la lettre suivante au Ministre de

la Guerre:

Monsieur le Ministre,

J'ai reçu, par votre ordre, la visite du commandant du Paty de Clam,

auquel j'ai déclaré encore que j'étais innocent et que je n'avais même

jamais commis la moindre imprudence. Je suis condamné, je n'ai aucune

grâce à demander. Mais au nom de mon honneur, qui je l'espère me sera

rendu un jour, j'ai le devoir de vous prier de vouloir bien continuer

vos recherches. Moi parti, qu'on cherche toujours, c'est la seule

grâce que je sollicite.

J'écrivis ensuite à Maître Demange pour lui rendre compte de cette

visite.

J'avais précédemment informé ma femme du rejet du pourvoi.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 23 / 171 题