PHÈDRE.

Que ces vains ornemens, que ces voiles me pèsent!

Quelle importune main, en formant tous ces nœuds,

A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux?

Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.

ŒNONE.

Vous-même, condamnant vos injustes desseins,

Tantôt à vous parer vous excitiez nos mains.

Hauteur, 1 P. 9 lig.--Larg. 1 P. 1 p°. 6 lig.

PLANCHE LIV.

(_LIII, t. VII de l'Edition royale_.)

Une mère amène son jeune enfant devant un philosophe ou précepteur, pour

le faire instruire. Ce personnage assis porte les enseignes de la secte

philosophique, à l'exception de la barbe. «Le bâton, _pallium,_ la barbe

et l'épaule nue, voilà aujourd'hui, dit une épigramme de l'Anthologie,

les marques distinctives de la science». La privation de la barbe

peut faire reconnaître ici un grammairien dont les leçons sont plus

convenables à l'âge de l'élève. Le maître tient à la main un _papyrus_.

L'enfant en tient un également; son doigt élevé annonce l'attention

qu'il prête à la leçon; près d'eux on remarque une cassette cylindrique

ouverte (_scrinium_), où sont rangés plusieurs volumes.

Hauteur, 11 p°.--Largeur, 9 p°.

PLANCHE LV.

(_LIV, LV, t. VII de l'Edition royale_.)

Une femme assise sur un mur de pierres obscures et quarrées, touche

les cordes d'une lyre d'or cinq cordes. La couronne de laurier semble

désigner en elle une musicienne de profession. A l'imitation d'Apollon,

et avec une négligence affectée, elle a laissé retomber une tresse

de ses cheveux sur son épaule; sa tunique verte, retenue par trois

agraffes, est recouverte d'un manteau d'une couleur changeante entre le

rouge et le vert.

Un jeune homme, dans une attitude semblable, lit avec attention un

_papyrus_; sa draperie est de la même couleur. A l'imitation des

philosophes, il a l'épaule droite découverte; c'est un usage que les

jeunes Grecs suivaient quelquefois dans les écoles. Le peintre a, sans

doute, voulu représenter un étudiant. Cette figure s'est trouvée, ainsi

que la précédente, sur le mur d'une maison, à l'entrée de la ville

antique de _Pompéia_. Ces deux peintures retracent le genre de fabrique

employé dans les murailles de cette même ville.

1er. SUJET.--Hauteur, 1 P.--Largeur, 8 p°.

2e. SUJET.--Hauteur, 7 p°. 8 lig.--Largeur, 5 p°.

PLANCHE LVI.

(_LXIII, t. VII de l'Edition royale_.)

Dans ces deux fragmens semblables, on voit deux Athlètes armés

de cestes, et portant, comme vainqueurs, des couronnes formées de

bandelettes, de feuilles de chêne, et plus particulièrement de feuilles

d'ache (_apium_); l'un d'eux tient, de plus, une branche de palmier et

une autre couronne, où l'on remarque les bourrelets appelés _tori_. «La

Grèce, dit la première épigramme de l'Anthologie, a quatre jeux et

tous sacrés; deux sont pour des hommes et deux pour des dieux, Jupiter,

Apollon, Palémon et Archemore: les prix sont l'olive, les pommes, l'ache

et le pin». C'étaient les jeux olympiques, les pythiques, les isthmiques

et les néméens. Il faut entendre par _pommes_, les baies du laurier

consacré à Apollon. Ovide donne cependant aux vainqueurs des jeux

pythiques, l'_æsculum_, sorte de chêne, dit _latifolium_ chez les

Latins. Il paraît, d'ailleurs, que la couronne de feuilles de chêne

était commune à tous les jeux; les autres feuilles les désignaient plus

particulièrement; voilà pourquoi, sans doute, on voit ces différentes

feuilles mêlées dans les couronnes de nos Athlètes. On sait encore, par

les inscriptions et les médailles, que ces jeux ne se célébraient pas

seulement dans la Grèce, et que, sous les mêmes noms, on les pratiquait

dans des lieux spécialement désignés, et l'on pourrait tirer de notre

peinture l'opinion, qu'ils étaient en usage à Pompéia, ou du-moins qu'on

y connaissait d'autres jeux semblables institués en l'honneur des Héros

et des Empereurs qui leur donnaient leur nom.

1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 4 p°.--Largeur, 11 p°.

2e. SUJET.--Hauteur, 1 P. 4 p°.--Largeur, 8 p°. 9 lig.

PLANCHE LVII.

(_LXV, t. VII de l'Edition royale_.)

Cette peinture, d'un goût fantasque et capricieux, offre un mélange des

attributs et du culte des Divinités qui président aux bienfaits de la

nature. On consacrait, aux Divinités champêtres, des autels et de petits

temples, sous l'ombre d'un bois qui devenait sacré. Les jours de fête on

suspendait aux branches des arbres, aux colonnes, aux autels, des bandes

et des festons, ainsi que des instrumens religieux. La figure debout

sur un stylobate, paraît être une statue; son ombre portée sur le mur du

petit temple, indique qu'elle ne tient pas à la colonne; mais elle

n'a aucun attribut distinctif, si ce n'est son attitude même qui la

caractérise pour une Danseuse ou pour une Bacchante: ce n'est pas

la figure principale ni l'objet du culte. La figure de femme assise,

quoiqu'à demi-effacée, conserve un caractère de grandeur qui paraît en

faire le personnage principal; elle porte un sceptre, et s'appuie sur

un petit tambour garni de grelots, instrument du culte de Cybèle, qu'on

voit aussi consacré sur le sommet du temple; près d'elle, appuyé contre

un autel, est un instrument inconnu, en forme de tablette, avec deux

anneaux, et qui paraît destiné à produire quelque bruit. Un vieillard

barbu, demi-nu, couronné de pampres, tenant d'une main un tambour

semblable aux autres; de l'autre, soutenant une grande corbeille sur sa

tête, paraît être un personnage animé qui s'avance pour célébrer quelque

mystère. Tous les attributs de ce personnage sont bachiques. Sur un mur

élevé, en regard de la figure stylite, est un Sphinx aux aîles étendues,

une draperie sur le dos, ayant une figure de vieillard, avec le _modius_

ou boisseau sur la tête, et qui fait allusion à Jupiter Sérapis. On voit

souvent, dans les monumens de la Campanie, le culte égyptien confondu

avec le culte grec; et en ramenant tout au même principe, on ne doit

point être étonné de voir rapprochés les signes du culte de Bacchus, de

Cérés, de Proserpine ou Libera, d'Isis et d'Osiris, et souvent de Priape

et de Mercure, Divinités qui, toutes, sont le symbole de la nature

agissante et productive.

Hauteur, 2 P. 8 p°.--Largeur, 1 P. 11 p°.

PLANCHE LVIII.

(_LXVII, t. VII de l'Edition royale_.)

Ces deux tableaux, trouvés à Pompéia, représentent des Pygmées, ou

plutôt des Tentyrites. Dans le premier, deux de ces monstres hideux

conduisent une barque contenant des vases de terre; dans l'autre, on en

voit trois dans une barque peinte en rouge, dont la proue se termine

en tête d'épervier. La barque paraît arrêtée dans un marais, où l'on

remarque des plantes aquatiques et deux gros poissons. L'un des Pygmées

tient une espèce de couronne ou de bandelette dont il s'apprête à

ceindre la tête de l'un de ses compagnons qui se baisse dans une

attitude grotesque. Le troisième, la tête appuyée sur sa main, considère

cette action d'un air moqueur, si l'on peut saisir une telle expression

dans cette étrange physionomie.

1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 8 p°.--Largeur, 1 P. 10 p°. 10 lig.

2e. SUJET.--Hauteur, 2 P. 8 p°. 6 lig.--Même largeur.

PLANCHE LIX.

(_LXXIX, t. VII de l'Edition royale_.)

Nous avons, dans les volumes précédens, donné une idée suffisante du

goût des décorations d'architecture, qui occupent une grande place

dans le Recueil des Antiquités d'Herculanum; on pourra juger, par les

fragmens que nous offrons ici et par le suivant, de la manière dont

les ornemens sont distribués dans ces sortes de peintures, sans nuire,

toute-fois, à l'effet des sujets principaux. Dans celle-ci, les ornemens

sont peints sur un fond noir, avec une délicatesse exquise et un fini

précieux. La figure est une Psyché, qu'on reconnaît à ses aîles de

papillon; ses cheveux blonds sont couronnés de feuillages et de fleurs;

elle tient une guirlande et un thyrse, et répond à un Amour qui fait le

sujet d'un tableau semblable, et dont les attributs sont relatifs à la

vie champêtre.

Hauteur, 1 P. 5 p°.--Largeur, 1 P. 10 p°.

PLANCHE LX.

(_LXXX, t. VII de l'Edition royale_.)

Cette peinture, comme la précédente, donne l'idée d'une décoration

composée. Le sujet du tableau principal est un Faune qui surprend une

Bacchante. Sur les côtés, on voit deux personnages qui se détachent

sous une colonnade légère; l'un d'eux est occupé à lire. Dans la partie

supérieure et sous un pavillon, est une Vénus couchée.

Hauteur, 6 P.--Largeur, 4 P. 10 p°.

Nous terminons ici le Recueil des Peintures. En mettant contribution les

savantes dissertations des Académiciens d'Herculanum, sans doute nous

avons tiré peu d'or de cette mine féconde. Chercher à éclaircir le

sujet; arrêter l'attention des lecteurs sur l'esprit de la composition,

sur les beautés de style, sur la sagesse et la convenance des

accessoires; rapprocher les rapports que ces peintures offrent avec les

usages et les mœurs des anciens, telle a été la tâche que nous avons

essayé de remplir dans un câdre borné. Le graveur a fait plus que nous;

son art fixe des images auxquelles il ne manque que des couleurs; et

la parole ne peut leur donner ni le corps ni la vie. L'artiste saura

cependant, sur un récit fidèle, en retrouver les élémens; c'est dans

cette vue que nous sommes entrés dans quelques détails qui peuvent

paraître minutieux, et que nous rassemblons, dans une Table des

Matières, ceux qui nous sont échappés, et qui peuvent l'intéresser.

Antiquités d'Herculanum, Tome III. Peintures · 第 7 / 9 题