VII

Je suis mort au bord de la grève

D’un pays dont je fus roi

Las moi! qu’ai-je trompé le rêve

Des blancs guerriers le la foi?

Leurs trompettes d’or dans l’automne

Tonnent, et leurs cris de deuil

Vibrent dans le vent monotone

Qui souffle sur mon cercueil.

Dans ma main se rouille l’épée

Qui flamba sur maints combats

Quand les chantres de l’épopée

Suivaient l’éclair de mes pas.

Tout est fini. La Renommée

Ne sacrera plus ce front

Des fraîches palmes d’Idumée

Qui sauvent de tout affront.

Et les vierges qui par les routes

Semaient sous mon char des lys,

Je crois qu’elles vont s’enfuir toutes,

Riant des jours de jadis.

Pourquoi pleurer les infidèles

En mon éternel sommeil?

Je sais que quand les hirondelles

Voleront vers le soleil,

Ta viendras, ô Reine du rêve,

De l’hiver des mers du Nord,

Ravir mon âme vers la grève

Où tout souvenir s'endort.

Petits Poèmes d'Automne · 第 31 / 37 题