Je suis mort au bord de la grève
Dun pays dont je fus roi
Las moi! quai-je trompé le rêve
Des blancs guerriers le la foi?
Leurs trompettes dor dans lautomne
Tonnent, et leurs cris de deuil
Vibrent dans le vent monotone
Qui souffle sur mon cercueil.
Dans ma main se rouille lépée
Qui flamba sur maints combats
Quand les chantres de lépopée
Suivaient léclair de mes pas.
Tout est fini. La Renommée
Ne sacrera plus ce front
Des fraîches palmes dIdumée
Qui sauvent de tout affront.
Et les vierges qui par les routes
Semaient sous mon char des lys,
Je crois quelles vont senfuir toutes,
Riant des jours de jadis.
Pourquoi pleurer les infidèles
En mon éternel sommeil?
Je sais que quand les hirondelles
Voleront vers le soleil,
Ta viendras, ô Reine du rêve,
De lhiver des mers du Nord,
Ravir mon âme vers la grève
Où tout souvenir s'endort.