III

Je suis né tians une ville d’or

Dont au crépuscule tours et dômes

Reflètent leur irréel décor

Dans des mers qui baignent de royaumes.

Il y passe, sous de étendards,

Des rois fous d’avoir suivi la lune

Jusqu’à la pâle île des brouillards.

Et du port l'on voit, l'une après l’une,

Fuir, ouvrant la voile au vent lointain,

Des galères d’or aux hautes poupes

Où des reines lourdes de butin

Boivent le sang du soir dans des coupes.

La ville est maudite de Celui

Dont le temple est désert sur la place

Depuis que ses prêtres blancs ont fui

Sous les pierres de la populace.

Et des monts où les gardiens des tours

Hérissent leurs armes vers les astres.

Un soudain tonnerre de tambours

Tombe, tremblant aux futurs désastres

Qui feront hurler d’horreur les rois

Blottis comme des gueux sous les porches.

Et siffler le feu jusqu'aux beffrois

Sonnant l’heure des porteurs de torches.

Petits Poèmes d'Automne · 第 28 / 37 题