Des lauriers, des lilas et des lys
Pour ma soeur des oiseaux,
Qui pleure les jours de jadis
Au bord des eaux!
Le fleuve se hâle sous le vent,
Vite, comme un oubli,
Vers la mer de la mort, avant
Leffort faibli.
O soeur! ô soeur! où sont les oiseaux
Pépiant à tes doigts
Lorsque tu soufflais aux roseaux
Lâme des bois?
Ce vent venu du pays des fous
Rebrousse au loin leurs vols;
Ma soeur, va prier à genoux
Les rossignols!
Oublie un peu que tout a été
Tel un rêve en sommeil:
Les fleurs et les oiseaux dété
Et le soleil.
Des nénufars blancs et des iris
Pour ma soeur des oiseaux,
Et pleurons les jours de jadis
Au bord des eaux!
V
O ma dame des pavots
Si pâle en ta robe dautomne,
Pourquoi pleurer les renouveaux
Morts en ce fleuve monotone?
Tes rêves, au gré lent des eaux,
Voguent vers des mers moroses
Par où volèrent les oiseaux
Au pays des fleurs toujours roses.
Le chemin connu de nos pas
Se perd sous la nouvelle lune;
Ma Dame, ne sais-tu pas
Quel désir doubli mimportune?
Soyons les amants du sommeil
Au vent qui souffle sur les feuilles;
Oublions le nom du soleil
Sous les pavots que tu cueilles.