IV

Des lauriers, des lilas et des lys

Pour ma soeur des oiseaux,

Qui pleure les jours de jadis

Au bord des eaux!

Le fleuve se hâle sous le vent,

Vite, comme un oubli,

Vers la mer de la mort, avant

L’effort faibli.

O soeur! ô soeur! où sont les oiseaux

Pépiant à tes doigts

Lorsque tu soufflais aux roseaux

L’âme des bois?

Ce vent venu du pays des fous

Rebrousse au loin leurs vols;

Ma soeur, va prier à genoux

Les rossignols!

Oublie un peu que tout a été

Tel un rêve en sommeil:

Les fleurs et les oiseaux d’été

Et le soleil.

Des nénufars blancs et des iris

Pour ma soeur des oiseaux,

Et pleurons les jours de jadis

Au bord des eaux!

V

O ma dame des pavots

Si pâle en ta robe d’automne,

Pourquoi pleurer les renouveaux

Morts en ce fleuve monotone?

Tes rêves, au gré lent des eaux,

Voguent vers des mers moroses

Par où volèrent les oiseaux

Au pays des fleurs toujours roses.

Le chemin connu de nos pas

Se perd sous la nouvelle lune;

Ma Dame, ne sais-tu pas

Quel désir d’oubli m’importune?

Soyons les amants du sommeil

Au vent qui souffle sur les feuilles;

Oublions le nom du soleil

Sous les pavots que tu cueilles.

Petits Poèmes d'Automne · 第 23 / 37 题