XVI

Les épaules sont des sources d’où descend la fluidité des bras, et les

bras se partagent en doigts comme les ruisselets. Les ruisselets ont

des cailloux, les doigts ont des bijoux, l’onyx des ongles et les yeux

des bagues. Les doigts jasent ainsi que les ruisselets,

Et ainsi que les oiseaux. Les mains sont des oiseaux, les bras sont

des roseaux. La nymphe va surgir toute, fleur énorme et soudaine, et

nue elle se montre à mes yeux éperdus, avec ses seins purs, double

tabernacle du cœur;

Avec ses flancs, lyre des délires, avec son ventre, avec son ombilic,

d’où fut arrachée la chaîne qui lie les femmes aux femmes dans la

suite des générations;

Avec ses jambes: l’édifice se meut vers les délices de ses désirs. Il

marche aussi vers la peine, car il marche dans la vie, il est vivant.

Je ne me trompais pas. Elle a un corps.

Lettres à l'Amazone · 第 85 / 97 题