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Élisa quittait la salle de travail où, depuis des années, elle était

occupée à la même place. On la faisait monter dans le haut du vieux

bâtiment, à la Cordonnerie.

Une grande pièce sombre, au plafond enfumé, chauffée par un poêle en

fonte dont le tuyau sortait par le carreau en tôle d'une fenêtre. Aux

tablettes fixées aux murs pendillaient des détritus de choses. Par terre

traînaient, au milieu de flaques d'eau, des bouts de fil dans du

poussier de charbon de terre écrasé par les sabots. Une saleté

inlavable, qui faisait contraste avec la sévère propreté du reste de la

prison, était incrustée dans les murs, mettant une grande tache autour

des prisonnières. Et dans l'atmosphère épaisse de ce lieu, les puanteurs

du cuir se confondaient avec l'odeur de la crasse d'une humanité qui ne

se lave plus.

D'un côté, sur des chaises, de l'autre sur des bancs, étaient réunies en

deux troupes une soixantaine de vieilles femmes qui se tenaient l'une

contre l'autre dans le rapprochement, le resserrement peureux de toutes

petites écolières en classe. Quelques-unes de ces femmes, encore

capables de travaux de cordonnerie, taillaient des empeignes de

souliers. La plupart ourlaient des mouchoirs d'invalides. Beaucoup

étaient occupées à des besognes qui ne demandent plus l'attention ni le

tact assuré des doigts d'une main, travaillaient à l'_épluchage_ du lin,

à l'_écharpillage_ des cordes, au _délissage_ des chiffons.

La fille Elisa · 第 66 / 70 题