11 Acéteux. } Tous ces acides paroissent être formés de la
12 Acétique. } réunion d'une base acidifiable double, le
13 Oxalique. } carbone & l'hydrogène, & ne différer entr'eux
14 Tartareux. } que par la différence de proportion de ces
15 Pyro-tartareux. } deux bases & de l'oxigène qui les acidifie;
16 Citrique. } on n'a au surplus encore aucune suite
17 Malique. } d'expériences bien faites à cet égard.
18 Pyro-ligneux. }
19 Pyro-muqueux. }
20 Gallique. } On n'a encore que des connoissances
21 Prussique. } très-imparfaites sur la nature des radicaux
22 Benzoïque. } de ces acides; on sait seulement
23 Succinique. } que le carbone & l'hydrogène en sont
24 Camphorique. } les principales parties, & que l'acide
25 Lactique. } prussique contient de l'azote.
26 Saccho-lactique. }
27 Bombique. } Ces acides & tous ceux qu'on obtient en
28 Formique. } oxigénant les matières animales, paroissent
29 Sébacique. } avoir pour base acidifiable le carbone,
} l'hydrogène, le phosphore & l'azote.
30 Boracique. | Le radical boracique { La nature de ces deux
31 Fluorique. | Le radical fluorique { radicaux est
| { entièrement inconnue.
32 Antimonique. | Antimoine.
33 Argentique. | Argent.
34 Arsenique. | Arsenic.
35 Bismuthique. | Bismuth.
36 Cobaltique. | Cobalt.
37 Cuprique. | Cuivre.
38 Stamnique. | Etain.
39 Ferrique. | Fer.
40 Manganique. | Manganèse.
41 Hydrargirique. | Mercure.
42 Molybdique. | Molybdène.
43 Nickelique. | Nickel.
44 Aurique. | Or.
45 Platinique. | Platine.
46 Plombique. | Plomb.
47 Tungstique. | Tungstène.
48 Zincique. | Zinc.
On voit que le nombre des acides est de 48 en y comprenant les 17
acides métalliques qui sont encore peu connus, mais sur lesquels M.
Berthollet va donner incessamment un travail important. On ne peut
pas encore se flatter sans doute de les avoir tous découverts; mais
il est probable, d'un autre côté, qu'un examen plus approfondi fera
connoître que plusieurs des acides végétaux regardés comme différens,
rentrent les uns dans les autres. Au reste, on ne peut présenter ici le
tableau de la Chimie que dans l'état où elle est, & tout ce qu'on peut
faire c'est de donner des principes pour nommer, en conformité du même
systême, les corps qui pourront être découverts dans la suite.
Le nombre des bases salifiables, c'est-à-dire, susceptibles d'être
converties en sels neutres par les acides, est de vingt-quatre, savoir:
Trois alkalis.
Quatre terres.
Et dix-sept substances métalliques.
La totalité des sels neutres qu'on peut concevoir dans l'état actuel
de nos connoissances est donc de 1152; mais c'est en supposant que
les acides métalliques soient susceptibles de dissoudre d'autres
métaux; & cette dissolubilité des métaux, oxygénés les uns par les
autres, est une science neuve qui n'a point encore été entamée: c'est
de cette partie de la science que dépendent toutes les combinaisons
vitreuses métalliques. Il est d'ailleurs probable que toutes les
combinaisons salines qu'on peut concevoir, ne sont pas possibles, ce
qui doit réduire considérablement le nombre des sels que la nature &
l'art peuvent former. Mais quand on ne supposeroit que cinq à six cens
espèces de sels possibles, il est évident que si on vouloit donner
à toutes des dénominations arbitraires à la manière des anciens, si
on les désignoit, ou par le nom des premiers auteurs qui les ont
découverts, ou par le nom des substances dont ils ont été tirés, il en
résulteroit une confusion que la mémoire la plus heureuse ne pourroit
pas débrouiller. Cette méthode pouvoit être tolérable dans le premier
âge de la Chimie; elle pouvoit l'être encore il y a vingt ans, parce
qu'alors on ne connoissoit pas au-delà de trente espèces de sels:
mais aujourd'hui que le nombre en augmente tous les jours, que chaque
acide qu'on découvre enrichit souvent la Chimie de 24 sels nouveaux,
quelquefois de 48 en raison des deux degrés d'oxygénation de l'acide;
il faut nécessairement une méthode, & cette méthode est donnée par
l'analogie: c'est celle que nous avons suivie dans la nomenclature
des acides; & comme la marche de la nature est une, elle s'appliquera
naturellement à la nomenclature des sels neutres.
Lorsque nous avons nommé les différentes espèces d'acides, nous avons
distingué dans ces substances la base acidifiable particulière à chacun
d'eux, & le principe acidifiant, l'oxygène qui est commun à tous.
Nous avons exprimé la propriété commune à tous par le nom générique
d'acide, & nous avons ensuite différencié les acides par le nom de la
base acidifiable particulière à chacun. C'est ainsi que nous avons
donné au soufre, au phosphore, au carbone oxygénés le nom d'acide
sulfurique, d'acide phosphorique, d'acide carbonique: enfin nous avons
cru devoir indiquer les différens degrés de saturation d'oxygène par
une terminaison différente du même mot. Ainsi nous avons distingué
l'acide sulfureux de l'acide sulfurique, l'acide phosphoreux de l'acide
phosphorique.
Ces principes appliqués à la nomenclature des sels neutres, nous ont
obligés de donner un nom commun à tous les sels dans la combinaison
desquels entre le même acide, & de les différencier ensuite par le nom
de la base salifiable. Ainsi nous avons désigné tous les sels qui ont
l'acide sulfurique pour acide, par le nom de _sulfates_; tous ceux
qui ont l'acide phosphorique pour acide, par le nom de _phosphates_,
& ainsi des autres. Nous distinguerons donc _sulfate_ de potasse,
_sulfate_ de soude, _sulfate_ d'ammoniaque, _sulfate_ de chaux,
_sulfate_ de fer, &c. & comme nous connoissons vingt-quatre bases,
tant alkalines que terreuses & métalliques, nous aurons vingt-quatre
espèces de _sulfates_, autant de _phosphates_, & de même pour tous les
autres acides. Mais comme le soufre est susceptible de deux degrés
d'oxygénation, qu'une première dose d'oxygène constitue l'acide
sulfureux, & une seconde l'acide sulfurique; comme les sels neutres
que forment ces deux acides avec les différentes bases ne sont pas
les mêmes, & qu'ils ont des propriétés fort différentes, il a fallu
les distinguer encore par une terminaison particulière: nous avons en
conséquence désigné par le nom de _sulfites_, de _phosphites_, &c.
les sels neutres formés par l'acide le moins oxygéné. Ainsi le soufre
oxygéné sera susceptible de former 48 sels neutres, savoir vingt-quatre
_sulfates_ & vingt-quatre _sulfites_, & ainsi des autres substances
susceptibles de deux degrés d'oxygénation.
Il seroit excessivement ennuyeux pour les lecteurs de suivre ces
dénominations dans tous leurs détails; il suffit d'avoir exposé
clairement la méthode de nommer: quand on l'aura saisie, on pourra
l'appliquer sans effort à toutes les combinaisons possibles; & le nom
de la substance combustible & acidifiable connu, on se rappellera
toujours aisément le nom de l'acide qu'elle est susceptible de former,
& celui de tous les sels neutres qui doivent en dériver.
Je m'en tiendrai donc à ces notions élémentaires; mais, pour satisfaire
en même tems ceux qui pourroient avoir besoin de plus grands détails,
j'ajouterai dans une seconde partie des Tableaux qui présenteront une
récapitulation générale, non-seulement de tous les sels neutres, mais
en général de toutes les combinaisons chimiques. J'y joindrai quelques
courtes explications sur la manière la plus simple & la plus sûre de
se procurer les différentes espèces d'acides, & sur les propriétés
générales des sels neutres qui en résultent.
Je ne me dissimule pas qu'il auroit été nécessaire pour compléter cet
Ouvrage, d'y joindre des observations particulières sur chaque espèce
de sel, sur sa dissolubilité dans l'eau & dans l'esprit-de-vin, sur
la proportion d'acide & de base qui entre dans sa composition, sur
sa quantité d'eau de cristallisation, sur les différens degrés de
saturation dont il est susceptible, enfin sur le degré de force avec
laquelle l'acide tient à sa base. Ce travail immense a été commencé
par M. Bergman, M. de Morveau, M. Kirwan & quelques autres célèbres
Chimistes; mais il n'est encore que médiocrement avancé, & les bases
sur lesquelles il repose ne sont pas même encore d'une exactitude
rigoureuse. Des détails aussi nombreux n'auroient pas pu convenir
à un Ouvrage élémentaire, & le tems de rassembler les matériaux &
de compléter les expériences auroit retardé de plusieurs années la
publication de cet Ouvrage. C'est un vaste champ ouvert au zèle &
à l'activité des jeunes Chimistes; mais qu'il me soit permis de
recommander, en terminant ici ma tâche, à ceux qui auront le courage de
l'entreprendre, de s'attacher plutôt à faire bien qu'à faire beaucoup;
à s'assurer d'abord par des expériences précises & multipliées de
la composition des acides, avant de s'occuper de celle des sels
neutres. Tout édifice destiné à braver les outrages du tems, doit être
établi sur des fondemens solides; & dans l'état où est parvenue la
Chimie, c'est en retarder la marche que d'établir ses progrès sur des
expériences qui ne sont ni assez exactes, ni assez rigoureuses.
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