L’Auvergne, en cas d’invasion, serait le dernier rempart de la
France: l’antre du lion. (Paroles historiques d’un maréchal du
Premier Empire.)
Les montagnes, là-haut, telles d’énormes tentes,
Tel un camp formidable, au fond du ciel dressé,
Et qui semble garder le pays menacé,
Lèvent à l’horizon leurs cimes éclatantes.
Et, par l’écartement de leurs brèches béantes,
On voit bleuir un ciel d’hiver pur et glacé.
Tapis vierge, où nul pied ne s’est encor posé,
La neige a recouvert le dos de ces géantes.
O montagnes d’Auvergne, ô lions vigilants,
Qui froncez, dans l’azur profond, vos mufles blancs,
Et que les écirs font rugir à pleines gueules;
Vous qui veillez au seuil de notre fier pays,
O montagnes, suprême espoir des envahis,
Salut à vous, salut, vénérables aïeules.