En France.
_Entrent_ CHARLES, LE DUC DE BOURGOGNE, ALENÇON, LE BATARD, RENÉ ET LA
PUCELLE.
CHARLES.--Ces nouvelles, seigneur, doivent ranimer nos esprits abattus.
On dit que les fiers Parisiens se révoltent et reviennent au parti des
Français.
ALENÇON.--Marchons donc vers Paris, prince, et ne tenons pas ici notre
armée dans l'inaction.
LA PUCELLE.--Que la paix soit avec eux, s'ils reviennent à nous!
Autrement, que la ruine s'attache à leurs palais!
(Entre un éclaireur.)
L'ÉCLAIREUR.--Succès à notre vaillant général, et prospérité à ses
partisans!
CHARLES.--Quelles nouvelles nous envoient nos éclaireurs? Parle.
L'ÉCLAIREUR.--L'armée anglaise, qui était divisée en deux corps, est
maintenant réunie en un seul, et se propose de vous livrer bataille à
l'instant.
CHARLES.--Cet avis est un peu soudain; mais nous allons nous mettre en
état de les recevoir.
LE DUC DE BOURGOGNE.--J'ai confiance; l'ombre de Talbot n'est pas au
milieu d'eux: à présent que Talbot n'est plus, seigneur, vous ne devez
plus vous alarmer.
LA PUCELLE.--De toutes les passions honteuses, la plus maudite est la
peur. Commandez à la victoire, Charles, et la victoire est à vous. Que
Henri écume de rage; et que l'univers murmure en voyant nos triomphes.
CHARLES.--Marchons, mes seigneurs. Et que la France soit heureuse!
(Ils sortent.)