I
On l'a dit admirablement: «La mort! c'est encore elle seule qu'il faut
consulter sur la vie, et non je ne sais quel avenir et quelle survivance
où nous ne serons pas. Elle est notre propre fin et tout se passe dans
un intervalle d'elle à nous. Qu'on ne me parle pas de ces prolongements
illusoires qui ont sur nous le prestige enfantin du nombre; qu'on ne me
parle pas, à moi qui mourrai tout entier, des sociétés et des peuples.
Il n'y a de réalité, il n'y a de durée véritable qu'entre un berceau et
une tombe. Le reste est grossissement, spectacle, optique vaine! Ils
m'appellent un maître à cause de je ne sais quel prestige de ma parole
et de mes pensées, mais je suis un enfant éperdu devant la mort!»[1].
[1] Marie Lenéru. _Les Affranchis_, acte III, scène IV.