d'un éclair de joie et de jeunesse. En même temps deux larmes
jaillissaient de ses orbites desséchées. Il étendit une main
vers moi, puis tout à coup cette main se ferma violemment et
se raidit dans l'espace par un geste menaçant; je vis ses yeux
rouler entre ses paupières dilatées, comme si une balle l'eût
frappée au coeur.
-- Oh! l'Anglais! murmura-t-il.
Il retomba aussitôt sur l'oreiller comme une masse inerte. Il
était mort.
J'appelai à la hâte: on accourut. Il fut bientôt entouré de
pieuses larmes et de prières. Pour moi, je me retirai, l'âme
profondément troublée par cette scène extraordinaire, qui
devait demeurer à jamais un secret entre ce mort et moi.
Ce triste événement de famille a fait aussitôt peser sur moi
des soins et des devoirs dont j'avais besoin pour justifier à
mes propres yeux la prolongation de mon séjour dans cette
maison. Il m'est impossible de concevoir en vertu de quels
motifs M. Laubépin m'a conseillé de différer mon départ. Que
peut-il espérer de ce délai? Il me semble qu'il a cédé en
cette circonstance à une sorte de vague superstition et de
faiblesse puérile qui n'auraient jamais dû ployer un esprit de
cette trempe, et auxquelles j'ai eu tort moi-même de me
soumettre. Comment n'a-t-il pas compris qu'il m'imposait, avec
un surcroît de souffrance inutile, un rôle sans franchise et
sans dignité? Que fais-je ici désormais? N'est-ce pas
maintenant qu'on pourrait me reprocher à bon droit de jouer
avec des sentiments sacrés? Ma première entrevue avec
mademoiselle Marguerite avait suffi pour me révéler toute la
rigueur, toute l'impossibilité de l'épreuve à laquelle je
m'étais condamné, quand la mort de M. Laroque est venue rendre
pour quelque temps à mes relations un peu de naturel, et à mon
séjour une sorte de bienséance.
26 octobre. -- Rennes.
Tout est dit. -- Mon Dieu! que ce lien était fort, comme il
enveloppait tout mon coeur! comme il l'a déchiré en se
brisant!
Hier soir, à neuf heures environ, comme j'étais accoudé sur ma
fenêtre ouverte, je fus surpris de voir une faible lumière
s'approcher de mon logis à travers les allées sombres du parc,
et dans une direction que les gens du château n'avaient pas
coutume de suivre. Un instant après, on frappa à ma porte, et
mademoiselle de Porhoët entra toute haletante.
-- Cousin me dit-elle, j'ai affaire à vous.
Je la regardai en face.
-- Il y a un malheur? dis-je.
-- Non, ce n'est pas exactement cela. Vous allez du reste en
juger. Asseyez-vous... Mon cher enfant, vous avez passé deux
ou trois soirées au château dans le courant de cette semaine:
n'avez-vous rien observé de nouveau, de singulier dans
l'attitude de ces dames?
-- Rien.
-- N'avez-vous pas au moins remarqué dans leur physionomie une
sorte de sérénité inaccoutumée?
-- Peut-être, oui. A part la mélancolie de leur deuil récent,
elles m'ont semblé plus calmes, et même plus heureuses
qu'autrefois.
-- Sans doute. D'autres particularités vous auraient frappé,
si vous aviez, comme moi, vécu depuis quinze jours dans leur
intimité quotidienne. Ainsi j'ai souvent surpris entre elles
les signes d'une intelligence secrète, d'une mystérieuse
complicité. De plus leurs habitudes se sont sensiblement
modifiées. Madame Laroque a mis de côté son brasero, sa
guérite et toutes ses innocentes manies de créole; elle se
lève à des heures fabuleuses, et s'installe dès l'aurore avec
Marguerite devant la table de travail. Toutes deux se sont
prises d'un goût passionné pour la broderie, et s'informent de
l'argent qu'une femme peut gagner chaque jour avec ce genre
d'ouvrage. Bref, il y avait là une énigme dont je m'évertuais
vainement à chercher le nom. Ce mot vient de m'être révélé,
et, quitte à entrer dans vos secrets plus avant qu'il ne vous
convient, j'ai cru devoir vous le transmettre sans retard.
Sur les protestations d'absolue confiance que je m'empressai
de lui adresser, mademoiselle de Porhoët continua, dans son
langage doux et ferme:
-- Madame Aubry est venue me trouver ce soir en catimini; elle
a débuté par me jeter ses vilains bras autour du cou, ce qui
m'a fort déplu; puis, à travers mille jérémiades personnelles
que je vous épargne, elle m'a suppliée d'arrêter ses parentes
sur le bord de leur ruine. Voici ce qu'elle a appris en
écoutant aux portes, suivant sa gracieuse habitude: Ces dames
sollicitent en ce moment l'autorisation d'abandonner tous
leurs biens à une congrégation de Rennes, afin de supprimer
entre Marguerite et vous l'inégalité de fortune qui vous
sépare. Ne pouvant vous faire riche, elles se font pauvres. Il
m'a semblé impossible, mon cousin, de vous laisser ignorer
cette détermination, également digne de ces deux âmes
généreuses et de ces deux têtes chimériques. Vous m'excuserez
d'ajouter que votre devoir est de rompre ce dessein à tout
prix. Quels repentirs il prépare infailliblement à nos amies,
de quelle responsabilité terrible il vous menace, c'est ce
qu'il est inutile de vous dire: vous le comprenez aussi bien
que moi à vue de pays. Si vous pouviez, mon ami, accepter dès
cette heure la main de Marguerite, cela finirait tout le mieux
du monde; mais vous est lié à cet égard par un engagement qui,
tout aveugle, tout imprudent qu'il ait été, n'en est pas moins
obligatoire pour votre honneur. Il ne vous reste donc qu'un
parti à prendre: c'est de quitter ce pays sans délai et de
couper pied résolument à toutes les espérances que votre
présence ici a pour effet inévitable d'entretenir. Quand vous
ne serez plus là, il me sera facile de ramener ces deux
enfants à la raison.
-- Eh bien, je suis prêt; je vais partir cette nuit même.
-- C'est bien, reprit-elle. Quand je vous donne ce conseil,
mon ami, j'obéis moi-même à une loi d'honneur bien rigoureuse.
Vous charmiez les derniers instants de ma longue existence:
les plus doux attachements de la vie, perdus pour moi depuis
tant d'années, vous m'en aviez rendu l'illusion. En vous
éloignant, je fais mon dernier sacrifice: il est immense.
Elle se leva et me regarda un moment sans parler.
-- On n'embrasse pas les jeunes gens à mon âge, reprit-elle en
souriant tristement, on les bénit. Adieu, cher enfant, et
merci. Que le bon Dieu vous soit en aide!
Je baisai ses mains tremblantes, et elle me quitta avec
précipitation.
Je fis à la hâte mes apprêts de départ, puis j'écrivis
quelques lignes à madame Laroque. Je la suppliais de renoncer
à une résolution dont elle n'avait pu mesurer la portée, et
dont j'étais fermement déterminé, pour ma part, à ne point me
rendre complice. Je lui donnais ma parole, -- et elle savait
qu'on pouvait y compter, -- que je n'accepterais jamais mon
bonheur au prix de sa ruine. En terminant, pour la mieux
détourner de son projet insensé, je lui parlais vaguement d'un
avenir prochain où je feignais d'entrevoir des chances de
fortune.
A minuit, quand tout fut endormi, je dis adieu, un adieu
cruel, à ma retraite, à cette vieille tour où j'avais tant
souffert, -- où j'avais tant aimé! -- et je me glissai dans le
château par une porte dérobée dont on m'avait confié la clef.
Je traversai furtivement, comme un criminel, les galeries
vides et sonores, me guidant de mon mieux dans les ténèbres;
j'arrivai enfin dans le salon où je l'avais vue pour la
première fois. Elle et sa mère l'avaient quitté depuis une
heure à peine; leur présence récente s'y trahissait encore par
un parfum doux et tiède dont je fus subitement enivré. Je
cherchai, je touchai la corbeille où sa main avait replacé,
peu d'instants auparavant, sa broderie commencée... Hélas! mon
pauvre coeur!
Je tombai à genoux devant la place qu'elle occupe, et là, le
front battant contre le marbre, je pleurai, je sanglotai comme
un enfant... Dieu! que je l'aimais!
Je profitai des dernières heures de la nuit pour me faire
conduire secrètement dans la petite ville voisine, -- où j'ai
pris ce matin la voiture de Rennes.
Demain soir, je serai à Paris. Pauvreté, solitude, désespoir,
-- que j'y avais laissés, je vais vous retrouver! -- Dernier
rêve de jeunesse, -- rêve du ciel, adieu!
Paris.
Le lendemain, dans la matinée, comme j'allais me rendre au
chemin de fer, une voiture de poste était dans la cour de
l'hôtel, et j'en vis descendre le vieil Alain. Son visage
s'éclaira quand il m'aperçut.
-- Ah! monsieur, quel bonheur! vous n'êtes point parti! voici
une lettre pour vous.
Je reconnus l'écriture de Laubépin. Il me disait en deux
lignes que mademoiselle de Porhoët était gravement malade, et
qu'elle me demandait. Je ne pris que le temps de faire changer
les chevaux, et je me jetai dans la chaise, après avoir décidé
Alain, non sans peine, à y prendre place en face de moi. Je le
pressai alors de questions. Je lui fis répéter la nouvelle
qu'il m'apprit, et qui me semblait inconcevable.
Mademoiselle de Porhoët avait reçu la veille, des mains de
Laubépin, un pli ministériel qui lui annonçait qu'elle était
mise en pleine et entière possession de l'héritage de ses
parents d'Espagne.
-- Et il paraît, ajoutai Alain, qu'elle le doit à monsieur,
qui a découvert dans le colombier de vieux papiers auxquels
personne ne songeait, et qui ont prouvé le bon droit de la
vieille demoiselle. Je ne sais pas ce qu'il y a de vrai
là-dedans; mais, si ça est, dommage, me suis-je dit, que cette
respectable personne se soit mis tête ses idées de cathédrale,
et qu'elle n'en veuille pas démordre... Car, notez qu'elle y
tient plus que jamais, monsieur... D'abord, au reçu de la
nouvelle, elle est tombée raide sur le parquet, et on l'a crue
morte; mais, une heure après, elle s'est mise à parler sans
fin ni trêve de sa cathédrale, du choeur et de la nef, du
chapitre et des chanoines, de l'aile nord et l'aile sud, si
bien que, pour la calmer, il a fallu lui amener un architecte
et des maçons, et mettre sur son lit tous les plans de son
maudit édifice. Enfin, après trois heures de conversation
là-dessus, elle s'est un peu assoupie; puis, en se réveillant,
elle a demandé à voir monsieur... monsieur le marquis (Alain
s'inclina en fermant les yeux), et on m'a fait courir après
lui. Il paraît qu'elle veut consulter monsieur sur le jubé.
Cet étrange événement me jeta dans une profonde surprise.
Cependant, à l'aide de mes souvenirs et des détails confus qui
m'étaient donnés par Alain, je parvins à en trouver une
explication que des renseignements plus positifs devaient
bientôt me confirmer. Comme je l'ai dit, l'affaire de la
succession de la branche espagnole des Porhoët avait traversé
deux phases. Il y avait eu d'abord entre mademoiselle de
Porhoët et une grande maison de Castille un long procès que ma
vieille amie avait fini par perdre en dernier ressort; puis un
nouveau procès, dans lequel mademoiselle de Porhoët n'était
pas même en cause, s'était élevé, au sujet de la même
succession, entre les héritiers espagnols et la couronne, qui
prétendait que les biens lui étaient dévolus par droit
d'aubaine.
Sur ces entrefaites, -- tout en poursuivant mes recherches
dans les archives des Porhoët, -- j'avais mis la main, deux
mois environ avant mon départ du château, sur une pièce
singulière dont je reproduis ici le texte littéral:
"Don Philippe, par la grâce de Dieu, roi de Castille, de Léon,
d'Aragon, des Deux-Siciles, de Jérusalem, de Navarre, de
Grenade, de Tolède, de Valence, de Galice, de Maïorque, de
Séville, de Sardaigne, de Cordoue, de Cadix, de Murcie, de
Jaën, des Algarves, d'Algésiras, de Gibraltar, des îles
Canaries, des Indes orientales et occidentales, îles et terres
fermes de l'Océan, archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, de
Brabant et de Milan, comte d'Habsbourg, de Flandre, du Tyrol
et de Barcelone, seigneur de la Biscaye et de Molina, etc.
"A toi, Hervé-Jean Jocelyn, sieur de Porhoët-Gaël, comte de
Torre Nuevas, etc., qui m'as suivi dans mes royaumes et servi
avec une fidélité exemplaire, je promets par faveur spéciale
qu'en cas d'extinction de ta descendance directe et légitime,
les biens de ta maison retourneront, même au détriment des
droits de ma couronne, aux descendants directs et légitimes de
la branche française des Porhoët-Gaël, tant qu'il en existera.
"Et je prends cet engagement pour moi et mes successeurs sur
ma foi et parole de roi.
"Donné à l'Escurial, le 10 avril 1716.
"YO EL REY."
A côté de cette pièce, qui n'était qu'une copie traduite,
j'avais trouvé le texte original aux armes d'Espagne.
L'importance de ce document ne m'avait pas échappé, mais
j'avais craint de me l'exagérer. Je doutais grandement que la
validité d'un titre, sur lequel tant d'années et d'événements
avaient passé, fût admise par le gouvernement espagnol: je
doutais même qu'il eût le pouvoir d'y faire droit, quand il en
aurait la volonté. Je m'étais donc décidé à laisser ignorer à
mademoiselle de Porhoët une découverte dont les conséquences
me paraissaient très problématiques, et je m'étais borné à
expédier le titre à M. Laubépin. N'en recevant aucune
nouvelle, je n'avais pas tardé à l'oublier au milieu des
soucis personnels qui m'accablaient alors. Cependant,
contrairement à mon injuste défiance, le gouvernement espagnol
n'avait pas hésité à dégager la parole du roi Philippe V, et,
au moment même où un arrêt suprême venait d'attribuer à la
couronne la succession immense des Porhoët, il la restituait
noblement à l'héritier légitime.
Il était neuf heures du soir quand je descendis de voiture
devant le seuil de l'humble maisonnette où cette fortune
presque royale venait d'entrer si tardivement. La petite
servante vint m'ouvrir. Elle pleurait.
J'entendis aussitôt sur le haut de l'escalier la voix grave de
M. Laubépin qui dit:
-- C'est lui!
Je gravis les degrés à la hâte. Le vieillard me serra la main
fortement et m'introduisit, sans prononcer une parole, dans la
chambre de mademoiselle de Porhoët. Le médecin et le curé du
bourg se tenaient silencieusement dans l'ombre d'une fenêtre.
Madame Laroque était agenouillée sur une chaise près du lit;
sa fille, debout près de chevet, soutenait les oreillers sur
lesquels reposait la tête pâle de ma pauvre vieille amie.
Lorsque la malade m'aperçut, un faible sourire passa sur ses
traits, profondément altérés; elle dégagea péniblement un de
ses bras. Je pris sa main, je tombai à genoux, et je ne pus
retenir mes larmes.
-- Mon enfant! dit-elle, mon cher enfant!
Puis elle regarda fixement M. Laubépin.
Le vieux notaire prit alors sur le lit un feuillet de papier,
et paraissant continuer une lecture interrompue:
"A ces causes, dit-il, j'institue par ce testament olographe
pour légataire universel de tous mes biens tant en Espagne
qu'en France, sans aucune réserve ni condition,
Maxime-Jacques-Marie Odiot, marquis de Champcey d'Hauterive, noble
de coeur comme de race.
"Telle est ma volonté.
"JOCELYNDE-JEANNE
"Comtesse de PORHOET-GAEL."
Dans l'excès de ma surprise, je m'étais levé avec une sorte de
brusquerie, et j'allais parler, quand mademoiselle de Porhoët,
retenant doucement ma main, la plaça dans la main de
Marguerite. A ce contact soudain, la chère créature
tressaillit; elle pencha son jeune front sur l'oreiller
funèbre, et murmura en rougissant quelques mots à l'oreille de
la mourante. Pour moi, je ne pus trouver de paroles: je
retombai à genoux, et je priai Dieu. Quelques minutes
s'étaient écoulées au milieu d'un silence solennel, quand
Marguerite me retira sa main tout à coup et fit un geste
d'alarme. Le docteur s'approcha à la hâte: je me levai. La
tête de mademoiselle de Porhoët s'était affaissée subitement
en arrière: son regard était fixe, rayonnant et tendu vers le
ciel; ses lèvres s'entr'ouvrirent, et, comme si elle eût parlé
dans un rêve:
Dieu! dit-elle, Dieu bon! je la vois... là-haut!... Oui... le
choeur... les lampes d'or... les vitraux... le soleil
partout!... Deux anges à genoux devant l'autel... en robes
blanches;... leurs ailes s'agitent... Dieu! ils sont vivants!
Ce cri s'éteignit sur sa bouche, qui demeura souriante; elle
ferma les yeux, comme si elle s'endormait, et soudain un air
d'immortelle jeunesse s'étendit sur son visage, qui devint
méconnaissable.
Une telle mort, couronnant une telle vie, porte en soi des
enseignements dont je voulus remplir mon âme jusqu'au fond. Je
priai qu'on me laissât seul avec le prêtre dans cette chambre.
Cette pieuse veille, je l'espère, ne sera pas perdue pour moi.
Sur ce visage empreint d'une glorieuse paix, et où semblait
vraiment errer je en sais quel reflet surnaturel, plus d'une
vérité oubliée ou douteuse m'apparut avec une évidence
irrésistible. Ma noble et sainte amie, je savais assez que
vous aviez eu la vertu du sacrifice: je voyais que vous en
aviez reçu le prix!
Vers deux heures après minuit, succombant à la fatigue, je
voulus respirer l'air pur un moment. Je descendis l'escalier
au milieu des ténèbres, et j'entrai dans le jardin, en évitant
de traverser le salon du rez-de-chaussée, où j'avais aperçus
de la lumière. La nuit était profondément sombre. Comme
j'approchais de la tonnelle qui est au bout du petit enclos,
un faible bruit s'éleva sous la charmille; au même instant,
une forme indistincte se dégagea du feuillage. Je sentis un
éblouissement soudain, mon coeur se précipita, je vis le ciel
se remplir d'étoiles.
-- Marguerite! dis-je en étendant les bras.
J'entendis un léger cri puis mon nom murmuré à demi voix, puis
rien... et je sentis ses lèvres sur les miennes. Je crus que
mon âme m'échappait!
. . . . . .
. . . . . .
.
J'ai donné à Hélène la moitié de ma fortune. Marguerite est ma
femme. Je ferme pour jamais ces pages. Je n'ai plus rien à
leur confier. On peut dire des hommes ce qu'on dit des peuples
: Heureux ceux qui n'ont pas d'histoire!
FIN
8733-91 -- CORBEIL. Imprimerie CRETE.
erreurs typographiques corrigées silencieusement:
27 avril: =le rosier n'est pas mauvais la tilleul est onctueux=
remplacé par =le rosier n'est pas mauvais; le tilleul est
onctueux=
28 avril: =depuis longues années= remplacé par =depuis de
longues années=
28 avril: =les relations avec votre père avait été= remplacé
par =les relations avec votre père avaient été=
1er juillet: =approcha ses mains de son brasero, et me dit
enfin à demi voix= remplacé par =approcha ses mains de son
brasero, et me dit enfin à demi voix,=
1er juillet: =Odirnairement le vieil Alain= remplacé par
=Ordinairement le vieil Alain=
25 juillet: =le percepteur, le docteur Desmarest= remplacé par
=le percepteur, le docteur Desmarets=
20 août: =vous en avertir,= remplacé par =vous en avertir;=
20 août: =étranger depassage= remplacé par =étranger de passage=
20 août: =me dit- madame Laroque= remplacé par =me dit madame
Laroque=
20 août: =moralité la la plus libre= remplacé par =moralité la
plus libre=
20 août: =marquignon= remplacé par =maquignon=
20 août: =besoigneux= remplacé par =besogneux=
26 août: =et à demain, n'est-ce pas?..= remplacé par =et à
demain, n'est-ce pas?...=
1er octobre: =un front impassible quant= remplacé par =un front
impassible; quant=
3 octobre: =mettre le cap sur France= remplacé par =mettre le
cap sur la France=