O I have suffered with... (Tempest.)

Il était minuit quand j'arrivai; le grand artiste était couché et

serrait un foulard rouge autour de sa tête; il venait de cacher avec un

grand soin, après les avoir divisés bien également sur son crâne, ses

longs cheveux noirs, qui ne parurent plus.

Puis il prit un miroir pour se contempler; je me vis avec lui, et je le

trouvai horriblement laid; car ses cheveux ayant disparu sous le

mouchoir de nuit, il ne sortait plus, de cette sphère livide et rouge

qu'un nez énorme et recourbé comme le bec d'un chat-huant.

Quand il se fut ainsi regardé avec complaisance, il étendit ses longs

doigts sur sa tête, et dit: «Très-bien!»

J'aurais éclaté de rire si j'avais eu des poumons, un larynx et un

palais autres que les siens; mais connue j'étais devenue l'âme de

Paganini, je répétai sérieusement dans son cerveau: TRÈS-BIEN!

Et, je dois le dire, la prodigieuse longueur des doigts de cet homme, et

la largeur de cette main qui avait pressé sa tête et sa marmotte de

soie, m'avaient remplie de stupeur, moi, âme inaccoutumée à de pareilles

monstruosités, et qui n'avais vu encore que de jolis doigts de rose et

des mains gracieusement dessinées et sculptées par la nature.

Mais, horreur! savez-vous ce qui arriva?

L'abominable homme, il prit sur un guéridon un vase, et l'ayant regardé

avec des yeux hagards et enflammés, il but d'un trait une liqueur

coagulée, sombre, pesante et comme morte.

Etait-ce du sang?

L'Illustration, No. 0040, 2 Décembre 1843 · 第 10 / 15 题