du Niger. A cette exception près tout l’outillage est fabriqué
avec des roches peu ou prou métamorphiques, ou éruptives.
=Quartzites.= — Deux haches en quartzite métamorphique probablement
à amphibole ; — (oued Silet).
Une hache en quartzite ; — (au nord de Timissao).
Une hache en quartzite ; — (Aïr).
Une hache en quartzite ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
Deux meules sphériques, en quartzite à gros grains ; — (cimetière
de l’oued Tilemsi).
Trois meules en olive, en quartzite micacé ; — (cimetière de
l’oued Tilemsi).
Une meule en olive, en quartzite ; — (cimetière de l’oued
Tilemsi).
Un pilon très allongé, en quartzite chloriteux ; — (au nord
de Timissao).
=Chloritoschistes.= — Une meule sphérique, en chloritoschite.
Un fragment de bracelet, en chloritoschiste.
Un bracelet inachevé, en chloritoschiste ; — (oued Taoundrart).
=Leptynite.= — Un polissoir en leptynite ; — (oued Tougçemin).
=Ryolite.= — Une meule sphérique en ryolite ; — (nord d’In
Ziza).
Une hache sphérique en ryolite ; — (nord d’In Ziza).
=Diabase[276].= — Une hache en diabase ; — (oued Silet).
Une hache en diabase ; — (Gao).
Quatre haches en diabase ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).
=Granite.= — Un fragment de mortier en granite altéré.
Cette liste suggère quelques observations. Aucune de ces roches ne
paraît étrangère à la région étudiée ; chacune d’elles au
contraire y est bien connue et fréquente ; — grès, dévonien
au Sahara, et d’âge indéterminé au Soudan ; — schistes
métamorphiques siluriens ; — granite et roches éruptives ;
— tels sont en effet les éléments constitutifs du sous-sol. Il
semble donc que les outils aient été fabriqués sur place, et
non importés.
Le bracelet en chloritoschiste de l’oued Toundrart a été
trouvé encore mal dégagé de la roche dans un atelier actuel ;
on sait que les Touaregs fabriquent et portent encore, au-dessus du
coude, des bracelets en pierre. Le polissoir de l’oued Tougçemin
atteste apparemment l’existence d’un atelier ancien. Les objets
en ryolite ont été trouvés à proximité d’In Ziza, qui est un
volcan à coulées de ryolite.
Les objets en grès ont tous été trouvés dans la même région, les
bords du Niger, et il est possible en effet que les grès soudanais
à ciment ferrugineux se prêtent au travail de la pierre mieux que
les grès éodévoniens du Sahara.
[Note 276 : On a entendu diabase dans le sens le plus large, roches
anciennes à feldspath triclinique, et à pyroxène plus ou moins
transformé en amphibole par ouralitisation. Aucune plaque mince
n’ayant été étudiée, on n’a pas cherché à déterminer si
la structure est ophitique ou microlithique, autrement dit si on a
affaire à des diabases ou à des labradorites.]
APPENDICE VII
=MINERAI ET BIJOUX (?) DE CUIVRE=
J’ai fait analyser par M. Bouhard, chimiste diplômé de la Faculté
des sciences de Paris, un échantillon de minerai de cuivre, recueilli
à Tamegroun ; c’est du quartz à imprégnation de malachite ;
il contenait 3,37 p. 100 de cuivre. C’est une faible proportion,
surtout si on considère que l’échantillon avait été choisi à
cause de sa belle apparence.
J’ai fait analyser par le même chimiste, les objets en cuivre
trouvés dans le redjem d’Ouan Tohra. M. Bouhard n’a pas trouvé
d’étain. Il a noté en revanche la présence d’arsenic et de fer.
M. le Dr Hamy, ayant fait analyser les objets en cuivre trouvés
dans les redjems d’Aïn Sefra a obtenu des résultats analogues,
il a constaté l’absence d’étain.
Ce mobilier funéraire est donc en cuivre, et non pas en
bronze. Faut-il conclure que c’est un produit des mines locales,
nord-africaines ? La nature des impuretés (arsenic et fer) permettra
peut-être un jour d’être affirmatif sur ce point, lorsque les
gisements marocains et sahariens seront mieux connus ! (?).
APPENDICE VIII
NITRATES D’OULED MAHMOUD
ANALYSE DÉTAILLÉE
_par_ M. POUGET, _professeur de chimie à l’École des sciences
d’Alger._
=Échantillons de nitrates.=
No 1. — _Terre à nitrates._
=Résultats analytiques.= =Composition p. 100.=
Humidité 0,9 p. 100. Azotate de potasse
(AzO³K) 0,9
Résidu insoluble Azotate de soude
dans l’eau 27,6 — (AzO³Na) 4,1
Az²O⁵ 3,45 — Chlorure de
potassium (KCl) 5,4
K²O 3,9 — Sulfate de soude
(SO⁴Na²) 14,2
Na²O 29,5 — Chlorure de sodium
(NaCl) 41,4
Cl 31,2 — Chlorure de
magnésium (MgCl²) 3,8
SO³ 8,05 — Chlorure de
calcium (CaCl²) 1,2
MgO 1,6 — Humidité 0,9
CaO (traces de Résidu insoluble 27,6
brome) 0,6 —
----
99,5
_Remarque_ : L’ensemble des azotates contenu dans la substance
équivaut à 5,35 p. 100 d’azotate de soude ou à 6,45 d’azotate
de potasse.
No 2. — _Nitrates_ (_salpêtre_).
=Résultats analytiques.= =Composition p. 100.=
Humidité 4,1 p. 100. Azotate de potasse
(AzO³K) 56,4
Résidu insoluble 1,3 — Azotate de soude
(AzO³Na) 33,7
Az²O⁵ 52,3 — Chlorure de sodium
(NaCl) 2,6
K²O 25,2 — Sulfate de soude
(SO⁴Na²) 1,0
Na²O 14,1 — Chlorure de
magnésium (MgCl²) 0,5
Cl 2,0 — Chlorure de calcium 0,02
SO³ 0,6 — Humidité 4,1
MgO 0,2 — Résidu insoluble 1,3
-----
CaO 0,02 — 99,62
No 3. — _Résidu de la préparation du salpêtre._
=Résultats analytiques.= =Composition p. 100.=
Humidité 3,2 p. 100. Azotate de potasse
(AzO³K) 2,2
Résidu insoluble 0,8 — Azotate de soude
(AzO³Na) 1,4
Az²O⁵ 2,1 — Chlorure de sodium
(NaCl) 62,8
Na²O 47,3 — Sulfate de soude
(SO⁴Na²) 22,9
K²O 3,5 — Chlorure de
potassium (KCl) 3,9
Cl 41,3 — Chlorure de
magnésium (MgCl²) 2,1
SO³ 12,9 — Chlorure de calcium 0,4
MgO 0,9 — Humidité 3,2
CaO 0,2 — Résidu insoluble 0,8
----
99,7
_Remarque._ — Les nitrates contenus dans ce résidu équivalent
à 3,8 p. 100 environ d’azotate de potasse, c’est-à-dire à une
quantité plus grande que la moitié de celle que contient le minerai
[6,45].
Le mode de préparation est donc très mauvais puisque les pertes
en nitrate sont énormes, on peut approximativement les évaluer à
40 p. 100 au moins.
Le salpêtre lui-même contient encore une proportion notable
d’azotate de soude bien que le chlorure de potassium soit en excès
dans le minerai.
Le minerai est plutôt une terre à nitrate de soude qu’à nitrate
de potasse, c’est par le traitement qu’on lui fait subir qu’on
en extrait du salpêtre, le traitement transforme partiellement le
nitrate de soude en nitrate de potasse grâce à la présence du
chlorure de potassium.
APPENDICE IX
ANALYSE D’UN ÉCHANTILLON DE TOMELA PROVENANT D’AKABLI
_par_ M. POUGET, _professeur de chimie à l’École des sciences
d’Alger._
_Tomela._ — Masses concrétionnées, de couleur gris verdâtre,
légèrement ocreuses en certains points de la surface, on y rencontre
quelques cristaux blancs d’aspect fibreux.
L’analyse de la partie non cristallisée donne les résultats
suivants :
SO³ 36,4 p. 100.
Al²O³ 10,0 —
FeO 8,2 —
CaO 1,1 —
MgO 2,4 —
Silice et sable 1,4 —
Eau 40,2 —
--------------
99,7 p. 100.
Les principaux éléments constitutifs sont donc le sulfate
d’alumine et le sulfate ferreux.
La partie cristalline (densité 1,87) contient :
SO³ 38,4 p. 100.
Al²O³ 16,4 —
FeO 3,6 —
Eau 41,1 —
-------------
99,5 p. 100.
On peut la considérer comme un mélange de sulfate d’alumine
hydraté, de sulfate ferreux, et d’un sulfate d’alumine basique ;
sa composition peut être représentée par la formule
2(SO⁴)³Al²18H²O SO⁴Fe7²O (SO⁴)²AlAlO
--------------- + ------------ + -----------
Alunogène. Mélantérite. Alumiane.
Est-ce un simple mélange, ou une espèce minéralogique ? L’analyse
d’un seul échantillon ne se prêtant à aucune détermination
cristallographique ne permet pas de conclure.
POUGET.
APPENDICE X
NOTE SUR LES MOLLUSQUES DU SAHARA
ET PLUS PARTICULIÈREMENT DU TOUAT
Par M. LOUIS GERMAIN.
Au cours de sa belle exploration, M. Chudeau a recueilli une
riche série de Mollusques terrestres et fluviatiles dont il a
eu l’amabilité de me confier l’étude. Ces documents viennent
heureusement compléter ceux réunis par les expéditions françaises
antérieures et, notamment, par la Mission Chari-lac Tchad conduite
par M. A. Chevalier[277].
La collection rapportée par M. Chudeau comprend surtout des
Mollusques du bassin du lac Tchad. J’ai déjà, dans une courte
note[278], donné quelques indications sur les espèces nouvelles
et je compte publier prochainement une étude d’ensemble sur ce
sujet[279]. Je me contenterai de donner ici quelques détails sur les
coquilles vivantes et fossiles provenant du Sahara, c’est-à-dire
de la région dont traite le présent volume.
_Planorbis salinarum_ Morelet.
1868. _Planorbis salinarum_. Morelet, _Mollusques terrestres
fluviatiles, voyage_ Dr. Welwitsch, p. 85, no 56, Tab. V, fig. 4.
Un exemplaire de cette très intéressante espèce, qui n’était
connue jusqu’ici que des ruisseaux de l’Angola, a été récoltée
par M. Chudeau dans les alluvions, à Abalessa. C’est en vain que
le voyageur a fouillé les environs de Tit dans l’espoir d’y
découvrir de nouveaux Planorbes, mais je dois ajouter qu’en 1886,
M. Palat a envoyé, au laboratoire de Malacologie du Muséum, un grand
nombre de Planorbes subfossiles recueillis dans le Touat et qui se
rapportent à ce même _Planorbis salinarum_ auxquels sont mêlés de
nombreux exemplaires du _Planorbis Aucapitainieri_ Bourguignat[280]
et un spécimen du _Planorbis Rollandi_ Morlet[281]. Ce fait a
une grande importance car il montre que le massif du Hoggar et le
Touat sont sur la limite septentrionale d’extension de la faune
équatoriale proprement dite, c’est-à-dire à la zone où se fait
le mélange entre cette faune et celle du système européen.
_Melania tuberculata_ Müller.
1774. _Nerita tuberculata_ Müller, _Verm. terr. et fluv. histor._ ;
II, p. 191.
1862. _Melania tuberculata_ Bourguignat, _Paléontologie Mollusques
terr. fluv. Algérie_ ; p. 102.
1901. _Melania_ (_Striatella_) _tuberculata_ Pallary, _Mollusques
fossiles terr. fluv. Algérie_ ; p. 174, pl. III, fig. 32-33.
De nombreux exemplaires de cette espèce bien connue ont été
récoltés à Adrar ainsi qu’à Taourirt, Tazoult et En Nefis.
_Melanopsis maroccana_ Chemnitz.
1795. _Buccinum maroccanum_ Chemnitz, _Conchyl. Cabinet_ ; 1re
édit. ; X, p. 285, pl. CCX, fig. 2080 et 2081.
1862. _Melanopsis maroccana_ Bourguignat, _Paléontologie Mollusques
terr. fluv. Algérie_ ; p. 105.
1901. _Melanopsis maroccana_ Pallary, _Mollusques fossiles
terr. fluv. Algérie_ ; p. 177.
Espèce extrêmement variable qui se rencontre abondamment dans
toutes les eaux douces du sud de la Tunisie, de l’Algérie et du
Maroc. M. Chudeau en a recueilli de très nombreux exemplaires
vivants et fossiles provenant d’Abd el Kader, Kaberten,
Zaouiet Kounta, Taourirt, Tazoult et En Nefis. Ces documents me
permettront d’étudier en détail, dans mon mémoire définitif,
le polymorphisme de ce _Melanopsis_.
_Melanopsis Maresi_ Bourguignat.
1862. _Melanopsis Maresi_ Bourguignat, _Paléontologie Mollusques
terr. fluv. Algérie_ ; p. 106, pl. VI, fig. 1 à 4.
1865. _Melanopsis Maresi_ Bourguignat, _Mollusques
terr. fluv. recueillis par H. Duveyrier dans le Sahara_ ; p. 22,
pl. XXVIII, fig. 18 à 21.
1901. _Melanopsis Maresi_ Pallary, _Mollusques fossiles
terr. fluv. Algérie_ ; p. 179 ; — et pl. IV, fig. 22
[var. _crenulata_].
Cette espèce, si reconnaissable à sa columelle droite et aux
fortes costulations dont son test est orné, a été récoltée,
vivante et fossile, dans l’Iguidi (Échantillons communiqués à
M. Chudeau par M. le lieutenant Mussel).
_Cardium edule_ Linné.
1767. _Cardium edule_ Linné, _Systema naturæ_, Ed. XII, p. 1124.
1878. _Cardium edule_ Tournouër, _Assoc. franç. avancement
Sciences_ ; VII, p. 608.
1901. _Cardium edule_ Pallary, _Mollusques fossiles
terr. fluv. Algérie_ ; p. 181.
M. Chudeau a recueilli, à Taourirt, de nombreux exemplaires
de cette coquille, mêlés à quelques rares spécimens de
_Melania tuberculata_ Müller. Un autre échantillon provient de
Timimoun. C’est la première fois que cette espèce marine est
signalée aussi loin dans le sud. On trouvera, dans le travail
de Tournouër[282], de très nombreuses indications concernant ce
Mollusque particulièrement intéressant.
A cette courte liste, il convient d’ajouter un tuf d’origine
fluviatile recueilli dans la région de Tin Tagaret et de Taloak
(Ahnet) et qui renfermait, m’a dit M. Chudeau, de nombreux
exemplaires d’une coquille appartenant au genre _Physa_. Les
échantillons de ce tuf ont, malheureusement, été perdus pendant
le voyage ; mais il est probable qu’il s’agit ici d’une espèce
appartenant au groupe du _Physa contorta_ Michaud[283], si abondamment
répandu dans toutes les eaux douces du nord de l’Afrique.
Il faut ajouter aussi des couches à _Cardium edule_ et à _Melania_,
qui ont été observées par M. Chudeau à quelques kilomètres au
nord de Tikeidi (Açedjerad) ; les échantillons ont été égarés.
On voit donc tout l’intérêt qui s’attache à la connaissance
faunistique de ces régions et, principalement, du massif du Hoggar
dont l’exploration méthodique serait féconde en résultats. Il
est permis d’espérer que de nouvelles expéditions fourniront
les matériaux nécessaires pour entreprendre une telle étude.
LOUIS GERMAIN.
N. B. — J’avais recueilli à Zaouiet Kounta des _Melanopsis_
fossiles et à Temassekh des _Cardium edule_, qui, ayant été
égarés, manquent à la liste de M. Germain. Comme coquilles je
ne crois pas qu’elles fussent particulièrement intéressantes ;
mais ce sont deux gisements nouveaux à ajouter aux autres. Les
mollusques actuels et fossiles, d’eau douce et d’eau saumâtre,
sont très abondants au Touat.
E.-F. GAUTIER.
[Note 277 : Chevalier (A.), _L’Afrique centrale française_,
Récit du voyage de la Mission Chari-lac Tchad (1902-1904) ;
Paris, 1907, gr. in-8o, xv-776 p., avec 111 fig. dans le texte,
9 planches et 6 cartes. J’ai publié, dans ce volume, une étude
sur _Les Mollusques terrestres et fluviatiles de l’Afrique centrale
française_, p. 457-617, avec 15 fig. dans le texte et 2 planches.]
[Note 278 : Germain (Louis), Contributions à la faune malacologique
de l’Afrique équatoriale ; X. Mollusques nouveaux du lac Tchad ;
_Bulletin du Muséum d’histoire naturelle Paris_ ; XIII, no 4,
avril 1907, p. 269-274, fig. 19 à 23.]
[Note 279 : Ce travail paraîtra, pendant l’année 1908, dans
la _Revue suisse de Zoologie et Annales du Musée d’histoire
naturelle de Genève_, publiées sous la direction de M. Maurice
Bedot, professeur à l’Université de Genève.]
[Note 280 : Bourguignat (J.-R.), _Mollusques terrestres et fluviatiles
recueillis par M. H. Duveyrier dans le Sahara_ [Supplément aux :
_Touareg du Nord_, par H. Duveyrier] ; 1865, p. 24, pl. XXVIII, fig. 1
à 5 [_Planorbis Aucapitainianus_]. Pallary a figuré une variété
_major_ de cette espèce [Pallary (P.), sur les Mollusques fossiles
terrestres, fluviatiles et des eaux saumâtres de l’Algérie,
_Mémoires de la Société géologique de France_ ; XII, 1901,
p. 157, fig. 16.]]
[Note 281 : Morlet (L.), Diagnoses Molluscorum novarum ; _Journal
de Conchyliologie_ ; XXVIII, 1880, p. 355 ; XXIX, 1881, p. 46 ;
— et Description de Coquilles nouvelles ; _ibid._, XXIX, p. 344,
pl. XII, fig. 4.]
[Note 282 : Tournouër, Sur quelques coquilles marines recueillies
par divers explorateurs dans la région des chotts sahariens ;
_Association française pour l’avancement des Sciences_ ; 7e
session, Paris, 1878, p. 608-622, pl. VI.]
[Note 283 : Michaud (G.), Description de Coquilles vivantes ;
_Actes de la Société linnéenne de Bordeaux_ ; III, 1829, p. 268,
fig. 15-16.]
APPENDICE XI
=OBSERVATION A PROPOS DE LA CARTE GÉOLOGIQUE DE BÉCHAR=
J’ai pris pour base de cette carte l’excellente topographie de
M. le lieutenant Poirmeur. Mais ma géologie se trouve sur quelques
points en désaccord tel avec la sienne, que je me crois obligé de
justifier en quelques mots mon point de vue.
A. — M. Poirmeur écrit (_Bulletin de la Société géologique de
France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 725) :
« Le Dévonien inférieur de Ben Zireg (grès et calcaires durs)
a été caractérisé par des Trilobites (capitaine de Lamothe),
des orthocères et autres fossiles (collections du territoire
d’Aïn-Sefra). »
Ces lignes affirment qu’on a trouvé à Ben Zireg des fossiles
du Dévonien inférieur, mais elles n’indiquent pas le nom du
paléontologiste qui a déterminé les fossiles ; et elles ne donnent
pas des indications précises sur le gisement ; en fait je ne connais
pas de grès au voisinage de Ben Zireg, mais seulement des ardoises
et des calcaires.
D’autre part j’ai rapporté de Ben Zireg des fossiles que
M. Haug déclare carbonifériens ; ils ont été cueillis dans une
formation très puissante et très homogène, ardoises et calcaires
interstratifiés, qui est la seule formation susceptible d’être
primaire, à ma connaissance, au voisinage de Ben Zireg.
Je suis donc forcé, jusqu’à plus ample informé, d’attribuer
ces couches au Carboniférien, et non au Dévonien.
B. — M. Poirmeur (_Bulletin de la Société géologique de
France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726) rattache au Trias
« l’affleurement de marnes irisées de ksar el Azoudj, _qui
se présente comme inférieur aux couches noires de la base
du Lias_ (?) (Rhynchonella déposée au musée du territoire
d’Aïn-Sefra) ».
Cet affleurement m’est bien connu (voir pl. XXV, phot. 47 et
48). Ces marnes irisées, ou plutôt ces schistes argileux mous, sont
vivement redressés, et supportent en discordance absolue le poudingue
calcaire pliocène, sur lequel est construit le poste. Sauf preuves du
contraire, et pour des raisons de stratigraphie générale, je crois
ces couches infradinantiennes ou supradévoniennes ; la présence
d’une rynchonelle est fort intéressante, mais n’y contredit pas.
C. — M. Poirmeur (_Bulletin de la Société géologique de France_,
4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726) place à la base du Lias « des
calcaires et grès schisteux de couleur noire, non fossilifères (base
des formations secondaires, qui font face au Moumen et au Béchar,
entre Ksar el Azoudj et Ben Zireg ». Cette formation m’est bien
connue ; il y a en effet partout à la base des falaises des schistes
noirs, et au sommet des calcaires. Seulement, si mes souvenirs
sont exacts, la discordance de stratification est absolue ; les
schistes sont verticaux, et les calcaires horizontaux. De plus les
calcaires, au voisinage de Ben Zireg, à tout le moins, contiennent
les beaux fossiles cénomaniens habituels. J’ai donc conclu que nous
avons affaire à la transgression cénomanienne sur la pénéplaine
primaire. J’attribue par conséquent au Cénomanien les calcaires
qui, sur la carte de M. Poirmeur, sont attribués non seulement
au Lias, mais encore au Jurassique supérieur dans le voisinage de
Ben Zireg.
D. — La carte de M. Poirmeur (_Bulletin de la Société
géologique de France_, 4e série, t. VI, 1906, no 8, p. 726), si je
l’interprète correctement, car ici le texte n’est pas explicite,
attribue au Cénomanien, non seulement les collines de Bezazil Kelba,
ce qui est parfaitement correct, mais les grès houillers de Kenatsa,
les poudingues pliocènes de Bou Aiech, et les grès albiens de
Beni Ounif.
E. — Enfin je ne suis pas d’accord avec M. Poirmeur sur l’emploi
du mot oligocène, du moins en ce qui concerne la hammada de Kenatsa
et celle de Beni Abbès. Il me semble que M. Poirmeur rattache
régulièrement à l’Oligocène les poudingues calcaires très
durs, à rognons siliceux, qui constituent certainement le sol des
hammadas précitées, et que tous les géologues algériens rattachent
au Pliocène.
ERRATA
* * * * *
On s’est efforcé, dans le texte, d’uniformiser l’orthographe
des noms. Entre le texte et les cartes, on a laissé échapper
quelques fortes divergences orthographiques.
Dans la carte du Mouidir-Ahnet :
on a écrit _Açerdjerah_ au lieu d’ _Açedjerad_.
_Mekergan_ au lieu de _Mekhergan_.
_Megdoua_ — _Maghdoua_.
_Tiqueidi_ — _Tikeidi_.
_Mouïdir_ — _Mouidir_.
Dans la carte de Beni Abbès (p. 210) on a écrit : _si Mohammed
ben Ammou_ au lieu de _ben Abbou_.
TABLE DES FIGURES
* * * * *
Fig. 1. — Principaux types de redjems 69
— 2. — Redjems du Hoggar 72
— 3. — — 73
— 4. — Tombeau de Tin Hinan 74
— 5. — Tombeau de l’Aïr 76
— 6. — Tombes actuelles 78
— 7. — Tombeau de la sultane Tabeghount 80
— 8. — Tombeau de noble Touareg 81
— 9. — Monuments en pierres sèches (pavages à fleur de sol) 83
— 10. — Monuments en pierres sèches (pavages à fleur de sol) 85
— 11. — Gravures du col de Zenaga 89
— 12. — — 90
— 13. — — 91
— 14. — Gravures du col de Zenaga (le bélier) 93
— 15. — Gravures de Barrebi 95
— 16. — — 96
— 17. — — (cavalier numide) 97
— 18. — Gravures d’Aïn Memnouna 99
— 19. — Gravures de Hadjra mektouba 100
— 20. — Gravures de Taoulaoun (chasse au mouflon) 102
— 21. — Gravures de l’Oued Tar’it (méharis) 103
— 22. — Gravures d’Aguelman Tamana (bovidés) 106
— 23. — Gravures de Tin Senasset 107
— 24. — — d’Ouan Tohra 111
— 25. — Gravures de Foum Zeggag, Ouan Tohra et Timissao 113
— 26. — Coupe de la station néolithique d’Aïn Sefra 121
— 27. — Rouleaux et pilons en pierre du Sahara 130
— 28. — Coupe de Mouizib el Atchan 141
— 29. — Coupe de Sfissifa à Mizerell 144
— 30. — Coupe de Bou-Kaïs à Téniet Nakhla 144
— 31. — Coupe de l’Anter au Mezarif par le Moumen 146
— 32. — Coupe de l’Antar au Mezarif par le Béchar 146
— 33. — Coupe de Tar’it à Menouar’ar 148
— 34. — Coupe de Beni Ounif 150
— 35. — Carte du Beni Goumi 165
— 36. — Coupe de l’oued Saoura à Ennaya 181
— 37. — Coupe de Kerzaz à Oguilet Mohammed 182
— 38. — Coupe d’Ougarta à Tin Oraj 183
— 39. — Coupe à l’est de Zeramra 185
— 40. — Ouarourourt (coupe) 187
— 41. — Beni Abbès (carte) 210
— 42. — Coupe de Fgagira 225
— 43. — Coupe au S.-O. du Charouïn 226
— 44. — Entre Charouïn et Ouled Rached (coupe) 226
— 45. — Coupe de la sebkha de Timimoun 227
— 46. — Coupe du Timmi au dj. Heirane 228
— 47. — Coupe de Temassekh à Haci Sefiat 229
— 48. — Le carbonifère de Tazoult 229
— 49. — Coupe de Tesfaout à Haci Sefiat 231
— 50. — Carte schématique, montrant la virgation hercynienne 241
— 51. — Coupe schématique entre Ouargla et Timimoun 243
— 52. — Coupe schématique de l’Aouguerout 245
— 53. — Falaise terminale du Tadmaït (coupe) 278
— 54. — Coupe d’Aïn Cheikh 281
— 55. — — d’Hacian Taïbin à Garet ed Diab 283
— 56. — Au nord de l’Adr’ar Ahnet (coupe) 291
— 57. — Taloak à l’Adr’ar Ahnet (coupe) 294
— 58. — Coupe de l’erg Timeskis à Tadjemout 296
— 59. — Coupe transversale de l’Açedjerad 297
— 60. — Carte d’Aoulef 302
— 61. — Carte du Tidikelt et du Mouidir-Ahnet 315
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CARTES HORS TEXTE
Itinéraires au Sahara, 1905, par E.-F. Gautier.
Carte du Béchar, avec transparent : carte tectonique.
Esquisse géologique d’une partie de l’Extrême-Sud algérien (Oued Saoura,
Gourara, Touat), par E.-F. Gautier (en couleurs).
Essai de carte géologique de Tidikelt et du Mouidir-Ahnet, par E.-F.
Gautier et R. Chudeau (en couleurs).
TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE
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Entre
les
pages
Planche I. — 1. Type de hammada 2-3
2. Type de reg.
— II. — 3. Type de falaise 4-5
4. Un coin du Tassili auprès de
Timissao.
— III. — 5. Type de gara 4-5
6. Erg et nebka.
— IV. — 7. Oued saharien 10-11
8. Oued Tlilia.
— V. — 9. Sebkha de Timimoun 10-11
10. Type de Maader.
— VI. — 11. Aguelman Taguerguera (en aval) 14-15
12. Aguelman Taguerguera (en amont).
— VII. — 13. Puits de Timissao (à orifice étroit) 14-15
14. Type de puits soudanais à large
orifice.
— VIII. — 15. Oued Zousfana. Arbuste juché sur un 16-17
monticule
16. Type de medjbed (sentier saharien)
sur le reg du Touat.
— IX. — 17. Le lit de la Saoura à Timr’ar’in 20-21
18. Une crue de la Saoura à Ksabi.
19. Le lit de la Saoura à Foum el Kheneg.
— X. — 20. Tin Oraj. L’oued Tabelbalet enfoui 30-31
sous l’erg er-Raoui
— XI. — 21. Un trou d’exploitation à Taoudéni 54-55
22. La falaise d’érosion qui limite la
cuvette de Taoudéni.
— XII. — 23. Grand redjem du type le plus fruste 60-61
24. Redjem B d’Aïn Sefra.
— XIII. — 25. Redjem D de Beni Ounif pendant les 60-61
fouilles
26. Cimetière actuel (Charouïn).
— XIV. — 27. Cercle de sacrifices 60-61
— XV. — 28 et 29. Mobiliers funéraires trouvés
dans les régions d’Aïn Sefra et de
Beni Ounif 66-67
30. Gravure rupestre de Barrebi.
— XVI. — 31. Gravure rupestre dans l’oued Tar’it 100-101
32. Gravure rupestre, à Taoulaoun.
— XVII. — 33. Gravures rupestres à Ouan Tohra 110-111
34. Type de gravures rupestres sur
granit (Hoggar).
— XVIII. — 35. Inscription sur grès albien au ksar 116-117
d’Abani, près Tesfaout.
36. Autre inscription sur grès albien au
ksar d’Abani.
— XIX. — 37. Type des pointes d’Ouargla 122-123
38. Type des pointes de la Zousfana.
— XX. — 39. Djebel Orred. Vu en contre-bas du 140-141
sommet de l’Antar