(_Chenopodium Quinoa_ Wild.)
Légume d’amateur, d’introduction peu ancienne. La plante est originaire
du Chili. Au moment de la découverte de l’Amérique, les Espagnols la
trouvèrent cultivée, à titre de Céréale, sur les hauts plateaux de la
Nouvelle-Grenade, du Pérou et du Chili.
Les indigènes mangeaient les feuilles cuites et les graines farineuses
de cette Chénopodée annuelle qu’ils appelaient _Quinua_ ou
_Quinoa_[157]. En Europe, on consomme seulement le feuillage en guise
d’Epinard.
[157] Clusius, _Hist. pl._ l. IV, cap. LIII.
Le R. P. Feuillée, religieux Minime, a décrit et figuré pour la première
fois le Quinoa dans son _Histoire des Plantes médicinales du Pérou_, qui
parut de 1709 à 1711. Plus tard, le voyageur botaniste Dombey en fit un
grand éloge comme plante alimentaire et en rapporta des semences à son
retour du Pérou en 1779. Alexandre de Humboldt et Bonpland firent aussi
des distributions de graines de Quinoa. En Angleterre et en France, les
premiers essais de culture ne donnèrent aucun résultat.
Ce fut Loudon, écrivain horticole anglais, qui appela l’attention sur le
Quinoa en publiant dans son journal un long article sur cette plante
nouvelle[158].
[158] _Gardeners’ Magazine_, décembre 1834.--_Ann. Soc. roy.
d’Hortic._, tome XVII, p. 197.
M. de Vilmorin essaya la plante en 1835 et 1836; il distribua des
graines qu’il avait reçues de M. Lambert vice-président de la Société
Linnéenne de Londres et de M. Buchet de Martigny, consul de France près
la République bolivienne. La _Revue horticole_ parle ensuite du
Quinoa[159], définitivement classé parmi les plantes potagères dans le
_Bon Jardinier_ de 1839, où M. de Vilmorin donne un bon article résumant
à peu près tout ce que l’on peut dire du Quinoa.
[159] _Rev. hortic._, tome III (1835-37), p. 69; tome IV (1838-41), p.
159.
Après avoir été vantée à l’excès, cette plante est aujourd’hui bien
oubliée. En Angleterre, elle est plus appréciée qu’en France.
Les cuisinières, paraît-il, sont hostiles au Quinoa: les feuilles sont
plus petites que celles de l’Epinard et l’efflorescence gommeuse qui les
recouvre en rend la manipulation désagréable.
Selon les auteurs du _Potager d’un Curieux_, le Quinoa supplée
passablement l’Epinard.