Jamais je ne me consolerai que M. de Marcellus ou M. de Chateaubriand
ne nous ait pas traduit _Homère_ et la _Bible_; c'était un travail
digne d'eux, et ils étaient dignes de ce travail!
_Homère_, par M. de Marcellus, la _Bible_, par Chateaubriand, eussent
été deux livres précieux pour la littérature française; elle manque
d'antiquités, ils lui auraient donné ce qui lui manque. Chateaubriand
ne le daigna pas, Marcellus ne le tenta pas, mais par modestie! L'un
et l'autre furent emportés longtemps, par le courant politique, loin
des études qui immortalisent, vers les grandeurs qui trompent; quand
la politique les rejeta comme des naufragés sur les rivages,
Chateaubriand était trop vieux, Marcellus trop timide. L'un écrivit
ses _Mémoires d'outre-tombe_, qui ne sont que l'écho trop âpre des
passions de sa vie, un Saint-Simon personnel, chargeant la postérité
de ses petites vengeances; l'autre se contenta d'amuser les loisirs de
sa vie retirée par des éruditions curieuses, par des souvenirs
historiques, et par des traductions d'oeuvres secondaires qui
méritèrent bien de ses contemporains, mais qui ne donnèrent pas à son
nom toute la célébrité que ses travaux méritent.