IV.

Je ne voulus pas prendre la plume et analyser la perte que la

littérature classique venait de faire en lui, dans le premier moment

de ma douleur: je craignais que le coeur en moi ne faussât le jugement

ou n'exagérât l'éloge; je voulais rester vrai pour être juste.

J'attendis que les quelques jours de liberté que tout homme trop

affairé se donne en automne me renfermassent dans le solitaire manoir

de Saint-Point, déshabité maintenant en attendant qu'on m'en

dépouille, et me rapprochassent de ce château d'Audour, ouvert il y a

moins d'un an à l'hospitalité littéraire, et maintenant fermé par le

deuil d'une veuve muette de douleur, qui n'accepte que les

consolations de l'amitié.

La solitude complète est la consolatrice des pertes trop senties,

parce qu'elle n'essaye pas de consoler l'inconsolable, et qu'elle ne

tente pas de s'interposer entre ce qu'on a perdu et ce qu'on voit

toujours.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 217 / 256 题