À mesure que les religions se spiritualisent, les temples s'en vont:
le christianisme lui-même, qui a construit le gothique pour l'animer
de son souffle, laisse ses admirables basiliques tomber peu à peu en
ruine; les milliers de statues de ses saints descendent par degrés de
leurs socles aériens autour de ses cathédrales; il se transforme
aussi, et ses temples deviennent plus nus et plus éclairés à mesure
qu'il se dépouille des superstitions de ses âges de crépuscule et
qu'il résume davantage la grande lumière qu'il propagea sur la terre,
la pensée du Dieu unique prouvé par la raison et adoré par la vertu.
Lisez le _Phidias_ de M. de Ronchaud, et vous comprendrez la grandeur
du monument dans la grandeur du poëte.