LXVI.

Je ne sens point de tristesse ici; l'âme est légère, quoique

méditative; ma pensée embrasse l'ordre des volontés divines, des

destinées humaines; elle admire qu'il ait été donné à l'homme de

s'élever si haut dans les arts et dans une civilisation matérielle;

elle conçoit que Dieu ait brisé ensuite ce moule admirable d'une

pensée incomplète; que l'unité de Dieu, reconnue enfin par Socrate

dans ces mêmes lieux, ait retiré le souffle de vie de toutes ces

religions qu'avait enfantées l'imagination des premiers temps; que ces

temples se soient écroulés sur leurs dieux: la pensée du Dieu unique

jetée dans l'esprit humain vaut mieux que ces demeuras de marbre où

l'on n'adorait que son ombre. Cette pensée n'a pas besoin de temples

bâtis de main d'homme: la nature entière est le temple où elle adore.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 205 / 256 题