Au Parthénon il ne reste plus que deux figures, Mars et Vénus, à demi
écrasées par deux énormes fragments de corniche qui ont glissé sur
leurs têtes; mais ces deux figures valent pour moi à elles seules
plus que tout ce que j'ai vu en sculpture de ma vie: elles vivent
comme jamais toile ou marbre n'a vécu. On souffre du poids qui les
écrase; on voudrait soulager leurs membres qui semblent plier en se
roidissant sous cette masse; on sent que le ciseau de Phidias
tremblait, brûlait dans sa main, quand ces sublimes figures naissaient
sous ses doigts.
On sent (ce n'est point une illusion, c'est la vérité, vérité
douloureuse!) que l'artiste infusait de sa propre individualité, de
son propre sang, dans les formes, dans les veines des êtres qu'il
créait, et que c'est encore une partie de sa vie qu'on voit palpiter
dans ces formes vivantes, dans ces membres prêts à se mouvoir, sur ces
lèvres prêtes à parler.