L.

En approchant, convaincu par la lecture de la beauté du monument,

j'étais étonné de me sentir froid et stérile; mon coeur cherchait à

s'émouvoir, mes yeux cherchaient à admirer. Rien!

Je ne sentais que ce qu'on éprouve à la vue d'une oeuvre sans défaut,

un plaisir négatif; mais une impression réelle et forte, une volupté

neuve, puissante, involontaire, point!

Ce temple est trop petit; c'est un sublime jouet de l'art! Ce n'est

pas un monument pour les dieux, pour les hommes, pour les siècles. Je

n'eus qu'un instant d'extase: c'est celui où, assis à l'angle

occidental du temple, sur ses dernières marches, mes regards

embrassèrent à la fois, avec la magnifique harmonie de ses formes et

l'élégance majestueuse de ses colonnes, l'espace vide et plus sombre

de son portique, sur sa frise intérieure les admirables bas-reliefs

des combats des Centaures et des Lapithes; et au-dessus, par

l'ouverture du centre, le ciel bleu et resplendissant, répandant son

jour mystique et serein sur les corniches et sur les formes saillantes

des figures des bas-reliefs: elles semblaient alors vivre et se

mouvoir. Les grands artistes en tout genre ont seuls ce don de la vie,

hélas! à leurs dépens!

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 189 / 256 题