XLVIII.

À mesure que nous descendions vers le fond de la vallée profonde et

déserte qu'ombragent le temple de Thésée, le Pnyx, l'Aréopage et la

colline des Nymphes, nous découvrions une plus vaste étendue de la

ville moderne qui se déployait sur notre gauche, semblable en tout à

ce que nous avions vu ailleurs.

Assemblage confus, vaste, morne, désordonné, de huttes écroulées, de

pans de murs encore debout, de toits enfoncés, de jardins et de cours

ravagés, de monceaux de pierres entassées, barrant les chemins et

roulant sous les pieds; tout cela couleur de ruines récentes, de ce

gris terne, flasque, décoloré, qui n'a pas même pour l'oeil la

sainteté du temps écoulé, ni la grâce des ruines célèbres.

Nulle végétation, excepté trois ou quatre palmiers, semblables à des

minarets turcs, restés debout sur la ville détruite; çà et là quelques

maisons aux formes vulgaires et modernes, récemment relevées par

quelques Européens ou quelques Grecs de Constantinople, maisons de nos

villages de France ou d'Angleterre, toits élevés sans grâce, fenêtres

nombreuses et étroites; absence de terrasses, de lignes

architecturales, de décorations: auberges pour la vie, bâties en

attendant une destruction nouvelle; mais rien de ces palais qu'un

peuple civilisé élève avec confiance pour les générations à naître.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 187 / 256 题