Cette description savante du Parthénon me rappelle une des fortes
impressions de ma vie, dont je retrouve, ici, sous ma main, une note
inédite sur mon carnet de voyageur. Qu'on me pardonne de la relever
telle qu'elle est, de cette page déchirée, pour justifier par
l'impression naïve d'un ignorant tel que moi l'impression érudite et
critique d'un adorateur tel que M. de Ronchaud, qui sait la langue de
l'idéal.
Voici cette note:
«Le nombre des statues était si considérable en Grèce qu'on aurait pu
dire des Grecs, à l'époque où ils avaient perdu avec la liberté les
vertus de leurs ancêtres, qu'il y avait chez eux plus de dieux que
d'hommes.
«Au temps de Pline le Naturaliste, après les spoliations exercées par
les proconsuls et les empereurs, parmi lesquels il y eut des amateurs
passionnés des oeuvres de l'art, il n'y avait pas encore moins de
trois mille statues à Athènes, et l'on en comptait un pareil nombre à
Olympie et à Delphes. Athènes, la plus religieuse des villes grecques,
au rapport de Pausanias, la ville où le génie ionien s'épanouit dans
toute sa beauté, l'oeil de la Grèce, selon la poétique expression de
Milton, Athènes fut surtout la ville des statues.