«L'art assyrien est celui qui approche le plus de la vie et de la
beauté de l'art grec. Ce qui frappe dans les édifices de Babylone et
de Ninive, après le caractère imposant qu'ils ont en commun avec les
monuments de l'Égypte, ce sont les représentations animées de la vie
réelle qui s'y déployaient sur les murailles.
«Les bas-reliefs assyriens sont supérieurs, au point de vue de la
plastique, aux bas-reliefs égyptiens, dans lesquels il ne faut voir,
avec O. Müller, qu'une sorte d'écriture destinée à raconter des faits
et à exprimer des idées, sans aucune pensée esthétique. Les scènes
variées de guerre et de chasse qu'ils représentent dénoncent une vie
nationale active et brillante, où le roi joue le rôle d'une divinité
terrestre, assise sur son char, commandant le respect et
l'obéissance. Les figures symboliques des dieux revêtent une majesté
calme qui semble avoir été inspirée aux artistes par le spectacle de
la nature. L'art assyrien est libre dans son inexpérience; il n'a rien
de la roideur des formes imposées par une tradition religieuse: de là
le charme qui perce à travers sa rudesse. Mais, s'il a trouvé la vie
dans l'indépendance, il est resté loin encore de l'idéal. Il était
réservé à l'anthropomorphisme grec de rencontrer la beauté souveraine
dans l'union étroite de la nature humaine avec l'idée divine.