XXXI.

«L'art assyrien est celui qui approche le plus de la vie et de la

beauté de l'art grec. Ce qui frappe dans les édifices de Babylone et

de Ninive, après le caractère imposant qu'ils ont en commun avec les

monuments de l'Égypte, ce sont les représentations animées de la vie

réelle qui s'y déployaient sur les murailles.

«Les bas-reliefs assyriens sont supérieurs, au point de vue de la

plastique, aux bas-reliefs égyptiens, dans lesquels il ne faut voir,

avec O. Müller, qu'une sorte d'écriture destinée à raconter des faits

et à exprimer des idées, sans aucune pensée esthétique. Les scènes

variées de guerre et de chasse qu'ils représentent dénoncent une vie

nationale active et brillante, où le roi joue le rôle d'une divinité

terrestre, assise sur son char, commandant le respect et

l'obéissance. Les figures symboliques des dieux revêtent une majesté

calme qui semble avoir été inspirée aux artistes par le spectacle de

la nature. L'art assyrien est libre dans son inexpérience; il n'a rien

de la roideur des formes imposées par une tradition religieuse: de là

le charme qui perce à travers sa rudesse. Mais, s'il a trouvé la vie

dans l'indépendance, il est resté loin encore de l'idéal. Il était

réservé à l'anthropomorphisme grec de rencontrer la beauté souveraine

dans l'union étroite de la nature humaine avec l'idée divine.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 170 / 256 题