XXXIV.

C'est dans un musée domestique tout semblable à cette chambre à

coucher, où le lit sans rideau trouve à peine assez de place pour ses

quatre pieds de bois blanc, que j'ai visité, jadis, l'enthousiaste et

heureux vieillard de Smyrne, M. _Fauvel_, le restaurateur de l'Athènes

antique, retiré avec ses larcins pieux dans son jardin de Smyrne, et

dans sa maisonnette de la ville d'Homère. M. de Choiseul et M. de

Chateaubriand, mon ami M. de Marcellus, l'avaient visité avant moi.

Pendant que M. Fauvel ramassait ses pierres à Athènes, il me parlait

souvent d'eux; mais il levait les épaules au nom de M. de

Chateaubriand visitant le Parthénon avec un chaudronnier de Smyrne qui

lui servait de guide à quinze sous par jour. «Ne m'en parlez pas, me

disait-il, celui-là n'est qu'un faux prêtre de notre culte pour le

marbre; il fouille du bout de sa canne à pomme d'or, qu'il appelle son

bâton blanc, les cendres du foyer des terres dans l'Acropole; mais il

n'y cherche que des mots, des images, de la gloire, et non des

collections sacrées comme ces vestiges. Pèlerin de la gloire, il ne

veut faire adorer que son nom. Qu'on l'adore à Paris, mais non à

Smyrne.»

Et les jolies filles grecques, nièces de M. Fauvel, qui embellissaient

de deux visages animés ce musée de beautés mortes, riaient aux éclats

de cette puérile humeur du vieillard.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 124 / 256 题