C'est dans un musée domestique tout semblable à cette chambre à
coucher, où le lit sans rideau trouve à peine assez de place pour ses
quatre pieds de bois blanc, que j'ai visité, jadis, l'enthousiaste et
heureux vieillard de Smyrne, M. _Fauvel_, le restaurateur de l'Athènes
antique, retiré avec ses larcins pieux dans son jardin de Smyrne, et
dans sa maisonnette de la ville d'Homère. M. de Choiseul et M. de
Chateaubriand, mon ami M. de Marcellus, l'avaient visité avant moi.
Pendant que M. Fauvel ramassait ses pierres à Athènes, il me parlait
souvent d'eux; mais il levait les épaules au nom de M. de
Chateaubriand visitant le Parthénon avec un chaudronnier de Smyrne qui
lui servait de guide à quinze sous par jour. «Ne m'en parlez pas, me
disait-il, celui-là n'est qu'un faux prêtre de notre culte pour le
marbre; il fouille du bout de sa canne à pomme d'or, qu'il appelle son
bâton blanc, les cendres du foyer des terres dans l'Acropole; mais il
n'y cherche que des mots, des images, de la gloire, et non des
collections sacrées comme ces vestiges. Pèlerin de la gloire, il ne
veut faire adorer que son nom. Qu'on l'adore à Paris, mais non à
Smyrne.»
Et les jolies filles grecques, nièces de M. Fauvel, qui embellissaient
de deux visages animés ce musée de beautés mortes, riaient aux éclats
de cette puérile humeur du vieillard.