Des usines de fer fument, brillent, tournent, frappent, retentissent,
bouillonnent, bourdonnent, écument à tous les tournants de ces
rivières où l'industrie de l'habitant a voulu utiliser une cascade ou
une chute plus escarpée de l'eau sur la roue grinçante qui fait
mouvoir l'axe métallique des leviers.
Les scieries reçoivent, par des ornières gigantesques, les cadavres
encore verts des sapins; ils glissent avec des bonds de tangage jusque
sur le bord des cataractes où la dent de l'acier va les démembrer;
d'autres, lancés tout entiers sur l'eau courante, vont flotter jusqu'à
la rivière d'Ain, et jusqu'au Rhône, pour servir de mâts aux navires
et pour plier sans rompre sous les voilures, de même qu'ils ont plié
et se sont redressés sur la montagne, sous leurs feuilles et sous le
vent, comme pour s'exercer à porter le poids des tempêtes.