XIII.

Hugo, qu'il faut toujours nommer le premier dans ces nomenclatures des

belles imaginations, nous dit qu'il est par la moitié de son sang

Franc-Comtois; Rouget de Lisle, qui eut le rare bonheur d'être un jour

le chant héroïque de la patrie menacée, le tocsin des coeurs, le

_sursum corda_ des baïonnettes, était Franc-Comtois; Charles Nodier,

le plus aimable des hommes, le plus fantaisiste des poëtes, le plus

Romain et le plus Français à la fois des ennemis de la terreur

démagogique et de la tyrannie soldatesque, était Franc-Comtois;

Fourier, Considerant, Proudhon, tous ces esprits spéculatifs qui

écrivent leur poésie en chiffres et qui jettent leur imagination

par-dessus l'ordre social, aimant mieux inventer l'impossible que de

ne rien inventer du tout, sont Francs-Comtois.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 103 / 256 题