Hugo, qu'il faut toujours nommer le premier dans ces nomenclatures des
belles imaginations, nous dit qu'il est par la moitié de son sang
Franc-Comtois; Rouget de Lisle, qui eut le rare bonheur d'être un jour
le chant héroïque de la patrie menacée, le tocsin des coeurs, le
_sursum corda_ des baïonnettes, était Franc-Comtois; Charles Nodier,
le plus aimable des hommes, le plus fantaisiste des poëtes, le plus
Romain et le plus Français à la fois des ennemis de la terreur
démagogique et de la tyrannie soldatesque, était Franc-Comtois;
Fourier, Considerant, Proudhon, tous ces esprits spéculatifs qui
écrivent leur poésie en chiffres et qui jettent leur imagination
par-dessus l'ordre social, aimant mieux inventer l'impossible que de
ne rien inventer du tout, sont Francs-Comtois.