XX.

Je dois beaucoup de ce récit à cet abbé Lambert, ami des Girondins, et

introduit librement par eux dans la prison de la Conciergerie. M. de

Cassagnac m'a attribué à tort l'invention de ces circonstances

funèbres. On a vu au commencement de ce commentaire combien le

critique a été trompé, et combien sont réelles et attestées mes

enquêtes personnelles auprès du curé de Bessancourt. C'est lui qui

suivit ces victimes du tribunal au cachot, du cachot à la mort. Cet

abbé _Lothringer_, que la reine refusa obstinément d'entendre parce

qu'il était à ses yeux schismatique, ne fut, selon l'abbé Lambert et

selon d'autres documents de l'époque, qu'un intrigant sacré et

intéressé, cherchant des prétextes de célébrité dans son obsession

autour des victimes, et exploitant, sous la Restauration, les rapports

mensongers qu'il prétendait avoir eus avec la reine. Le curé de

Bessancourt n'en parlait qu'avec dédain. Ce vieillard pieux n'aurait

pas menti pour déshonorer la mémoire d'un confrère dont il avait

partagé la faute contre l'Église, mais dont les dispositions posthumes

et intéressées ne lui inspiraient ni foi ni estime. Les écrivains

royalistes du temps de la Restauration ont tort de s'attacher au

témoignage de ce prêtre aventurier, mouche du coche des prisons et du

char de la guillotine, bourdonnant ses services aux oreilles des rois

rentrés aux Tuileries.

Cours familier de Littérature - Volume 13 · 第 54 / 256 题